Les spahis arabes, récemment arrivés et pour la première fois en France, sont la grande attraction parisienne du mois de juin 1863. C'est à eux que vont toutes les curiosités et les sympathies de la foule, et on leur fait l'honneur de leur demander d'escorter la voiture du prince impérial.
num_risation_mars_009On admire leur costume indigène composé 'd'un haïck blanc d'étoffe de Tunis légère et rayée, fixé au moyen d'une corde de poil de chameau s'enroulant autour de leur tête comme un turban, et rejeté en arrière par-dessus le dolman de drap garance, et leur pantalon larg en drap bleu de ciel serré à la base dans de petites bottes de cuir rouge." Un lieutenant arabe, en manteau noir, et tout passementé d'or conduit la troupe.
"A leur arrivée à Paris, dit L'illustration du 23 mai, le premier soin des spahis a été d'y organiser leur cuisine arabe. Le principal élément de leur nourriture est le couscoussou, sorte de semoule de gros grain, épicé avec du piment rouge et auquel on ajoute de la viande de mouton. Les spahis n'achètent pas de viande en boucherie, et c'est leur cuisinier (car ils ont un cuisinier spécial) qui tue lui-même le mouton qu'il prépare ensuite à la mode arabe.
"Les spahis ne soignent que leurs chevaux et leurs armes. Quatre biskris (espèce de serviteurs) sont attachés aux deux pelotons qui viennent d'arriver à Paris, pour les soins du nettoyage des chambres, des écuries, etc..."
Évidemment, cette organisation de nos troupes indigènes qui retenait en 1863, la curiosité des Parisiens a été quelque peu simplifiée depuis.

Article : La Petite Illustration de juin 1913