Le blog du passé

mardi 13 janvier

Petits métiers d'antan

Dinandiers martelant le cuivre ;
Scieurs de pierre faisant crisser leur "crocodile" (surnom de la scie) ou scieurs de long accordant leur mouvement de va-et-vient vertical ;
Tonneliers cerclant la douelle ;
Forgeron actionnant l'énorme soufflet pour activer le feu tout en surveillant l'intensité de la chauffe sur le morceau de fer au bout de ses tenailles ;

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Jouguier dégauchissant une pièce de bois ;
Charron ajustant une roue de charrette ;
Matelassier cardant sa laine ;
Sabotier creusant le bois avec l'aburon, faisant jaillir les copeaux comme des tortillons de fête ;
Étameur décapant l'argenterie paysanne ;
Bouilleur de cru surveillant la chauffe ;
Bourrelier maniant le carrelet (grosse aiguille courbe) entre les trous de l'allène ;
Chapelier faisant chauffer les formes en bois dans un four alimenté au coke ;
Cordonnier poissant le ligneul (fil de chanvre) avant de coudre une semelle ;
Barbier qui râpait le savon dans un grand pot de grès avant de le remplir d'eau tiède ;
Colporteur, brodeuse, modiste, culottière ... Ils s'éloignent jusqu'à disparaître, tout autant que les chants de passage qui ressemblaient davantage à des litanies monotones : ceux des chaudronniers étameurs d'Occitanie que l'on surnommait lou païroulaïre "païrols brielhs à estama, casserolos à brasa !" répétaient-ils inlassablement et lorsqu'ils se taisaient c'était précisément pour étamer un chaudron ou braser une casserole, ou parce qu'ils s'étaient éloignés...
Le cri de "pel dé lapin !" qui se flairait avant même de s'entendre, la carriole que tirait l'homme fumant encore parfois des chairs fraîchement séparées... Le ramasseur de vêtements qui lançait un vibrant "teinturier-dégraisseur à Lunel !" et tant d'autres encore...
Petits métiers qui hantaient les ruelles, faisaient vivre des villages... Disparus, comme l'âme d'une maison sans sa cheminée, le coeur d'un foyer sans le tic-tac de sa pendule...

Brigitte Jeune 

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lundi 08 décembre

Poudre contre les voleurs

Un fabricant de Budapest est en possession d'une poudre grâce à laquelle il est possible de mettre la main sur les voleurs.
Le fabricant en question, faisait, depuis quelques semaines, la pénible constatation que sa caisse était journellement mise au pillage par un voleur inconnu. Toutes les investigations étant demeurées sans résultat, de guerre lasse, l'industriel s'adressa à M.J. Teleck, professeur à l'Ecole commerciale de Frankstadt.
Celui-fi lui remit une poudre en lui recommandant de la répandre chaque soir sur le coffre-fort. Ladite poudre à la propriété de teindre la peau en bleu, de prendre une couleur plus vive par le lavage même et de résister au savon.
Dès le premier jour de l'expérience, le fabricant constata que quatre-vingts couronne avaient disparu de la caisse. Il réunit immédiatement le personnel de la fabrique et les employés durent les uns après les autres passer au lavabo.
L'un des employés parut mettre peu d'empressement à s'éxécuter. Il finit néanmoins par suivre ses camarades. A peine avait-il plongé ses mains dans l'eau, qu'on les vit prendre une coloration bleu foncé. Le fabricant alla droit à l'homme.
"C'est toi le voleur !" s'écria-t-il.
Le malheureux, un ouvrier, fit aussitôt ses aveux.
Le chef de la police municipale, à qui le fabricant était venu raconter son aventure, s'est fait, parait-il, remettre un échantillon de la poudre merveilleuse.

Article écrit en 1894

 

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mercredi 12 novembre

Une visite émouvante

Un de nos collaborateurs, qui a assisté à l'entrée des troupes françaises à Metz, Colmar et Strasbourg, raconte comment il alla visiter une école dans un petit village alsacien.
"A peine débarqué dans le village, j'ai voulu que ma première visite fût réservée à l'école. J'avais hâte d'assister à la classe en français.
"Avant la guerre, l'école était faite aux garçons par deux instituteurs, aux fillettes par de soeurs de la Providence, dont la maison mère est à Ribeauville : tous, instituteurs et congréganistes, purs Alsaciens. Quand je suis entré, vers trois heures de l'après-midi, la ruche était en plein travail ; du haut en bas de la maison, c'était la leçon de musique. Ici, les plus petits des marmots chantaient d'une voix aiguë une ronde enfantine :
Enfants de l'école,
Travaillez gaiement :
Chaque instant s'envole,
Profitez du temps...
"Là, des fillettes de dix à douze ans épelaient la Marseillaise, écrite au tableau en belle cursive anglaise. Et il fallait voir quels efforts faisaient les élèves pour articuler les mots : "Al-lons, en-fants de la pa-trie...", au sujet desquels la petite soeur leur avait dit en allemand, d'une voix tremblante d'émotion :
"Mes enfants, nous allons apprendre la Marseillaise, qui est désormais notre hymne national et que tout Français et toute Française doit savoir chanter."
"Chemin faisant, la directrice, qui compte à ce jour cinquante années d'enseignement, me confiait ses espérances et ses désirs :
"Ça ira, ça ira. Elles apprendront vite. Mais nous manquons de deux choses principales : des livres et des souliers."
Pour saluer mon départ, la classe des grandes a entonné un choeur à trois voix, que la maîtresse accompagnait sur son violon :
Les anges, dans nos campagnes,
Ont entonné l'hymne des cieux.
Et l'écho de nos montagnes
Redit ces chants mélodieux :
Gloria in excelsis Deo...
"Après quoi, sur un signe bref de la soeur, toutes les fillettes se sont dressées d'un bond, ont joint les talons et ont crié : "Vive la France !"

Mon Journal Hachette - 1919

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jeudi 06 novembre

Origine de la baïonnette

La baïonnette, arme à laquelle l'infanterie française a dû plus d'une victoire, a été inventée, dit-on, vers 1874, à Bayonne.
Cette tradition accréditée a cependant donné prise à la critique.
D'abord la date est fausse, et rien ne prouve que se soit à Bayonne que l'on ait fabriqué les premières baïonnettes. Ensuite, le mot baïonnette ne vient pas du nom de cette ville, mais bien du mot roman bayneta, petite gaine, petit fourreau ; et dans l'Espagne, bayna veut dire gaine. Le contenu a donné son nom au contenu. La première fois qu'il est fait mention de la baïyonnette, c'est dans la relation de la campagne de Monsieur de Puységur en Flandre (1642).
"Pour moy, dit-il, quand je commandois dans Bergue, dans Ypres, Dixmude et la Quenoque, tous les partis que j'envoyois passoient les canaux de cette façon. Il est vrai que les soldats ne portoient point d'épée, mais ils avaient des bayonnettes qui avaient des manches d'un pied de long, et les lames de bayonnettes étaient aussi longues que les manches, dont les bouts étoient propres à mettre dans les canons des fusils pour se défendre quand quelqu'un vouloit tenir à eux après qu'ils avoient tiré."

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lundi 29 septembre

Barbier et perruquier

barber_shop

Un barbier de je ne sais plus quel endroit, dont le talent consistait uniquement à tailler la barbe et les cheveux, et qui ignorait totalement l'art de confectionner une perruque, avait imaginé, pour achalander sa boutique, de faire peindre sur une gigantesque enseigne un homme près de se noyer et qu'un hardi et charitable nageur va retirer de l'onde. Ce sauveteur saisit l'homme par les cheveux ; mais... ces cheveux ne sont autre chose qu'une perruque, et cette perruque lui reste dans la main, tandis que l'infortuné continue à s'enfoncer dans l'eau. Aussi l'enseigne portait-elle, inscrite en gros caractères, cette devise : "A l'inconvénient des perruques !".

perruque


Un autre barbier, qui, lui, se glorifiait de fabriquer les perruques mieux que quiconque, et dont cette fabrication était la spécialité, avait sa boutique située presque en face de la précédente, et ce n'était pas sans dépit qu'il voyait tous les clients lui tourner le dos et affluer chez son confrère.
Comment s'y prendre pour les ramener à lui et transformer en amis ces ennemis des perruques ? Il y réfléchit longtemps et finit par se dire qu'il lui fallait avoir, lui aussi, son enseigne parlante ; mais laquelle ?
Après y avoir mûrement réfléchi, il s'avisa de faire représenter sur un immense tableau fixé au-dessus de sa porte, le fils de David, Absalon, mourant accroché par les cheveux aux branches d'un arbre, avec cette légende :
"Il eût été sauvé, s'il eût porté perruque !"
La foule néanmoins ne se laissa pas convaincre par ce souvenir si plein d'à propos et d'éloquence ; elle continua de se diriger vers la boutique du barbier, et de délaisser celle du perruquier.
Celui-ci en était réduit à soupirer :
"Ah ! on voit bien que le temps des perruques est à jamais passé !"
Il termina par où il aurait dû commencer : il se mit à apprendre à bien couper les cheveux et à tailler les barbes.

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mercredi 23 juillet

Qui étiez-vous dans une autre vie ?

Vous viviez déjà dans ce monde il y cent ou mille ans. Pour savoir qui vous étiez et où vous viviez, il suffit de me donner votre date naissance via "contacter l'auteur" ainsi cela restera anonyme et je vous enverrai le résultat. Allez qui ose ? Qui se lance ? Qui est curieux ? A prendre en douceur, pas le prendre pour "paroles d'Evangile" juste un petit moment de détente !

Une belle leçon de tolérance
Toutes les théories liées à la réincarnation sont unanimes : un être humain ne se réincarne jamais en animal car il évolue continuellement en s'enrichissant des leçons de chacune de ses vies. En revanche, il peut très bien changer de contrée ou de sexe d'une vie à l'autre. Ainsi, une femme peut se réincarner en homme ou un Africain en Asiatique et vice versa. Il est certain que cette doctrine est une belle leçon de tolérance : imaginez donc que dans une vie future vous vous réincarniez en une personne envers laquelle vous avez aujourd'hui des préjugés négatifs !

Une troublante coïncidence
Le comédien Jean le Poulain vécut un évènement très étrange : à l'âge de dix-sept ans, il était certain d'être la réincarnation de l'auteur anglais Christopher Marlowe ; plus tard, il oublia complètement cette idée. Le temps passa et il devint sociétaire de la Comédie Française. Un jour, un ami lui fit parvenir une pièce oubliée de Christopher Marlowe. En la lisant, il découvrit à son grand étonnement que la trame de l'histoire ressemblait étrangement à celle qu'il était lui-même en train d'écrire. Seule différence : le protagoniste de cette histoire, se nommait Arabas dans le livre de Marlowe et dans le sien, Barabas...

 

PS : Merci de me laisser une adresse mail VALIDE ! (si vous n'avez pas de réponse, renouvelez votre demande et si vous voulez plus de discrétion, envoyez-moi votre demande en privé)

mercredi 04 juin

Une histoire vécue de hérisson

J'ai trouvé Albert agonisant près de ma poubelle en pleine banlieue parisienne ! Épuise, il n'avait plus la force de grimper jusqu'au niveau du couvercle pour se mettre à table. Il mourait de soif : c'était en août, et il n'avait pas plu depuis deux mois. Albert avait dû courir longtemps dans l'espoir de trouver à boire ; il n'avait même plus la force de se mettre en boule... C'est dire à quels point ses réflexes étaient amortis. Les enfants l'ont mis dans la baignoire, sous une douche tiède... noyant ainsi des centaines de puces grasses et prospères qui profitaient de son dos.
Après cette Bérézina des puces, nous avons posé devant Albert une soucoupe de lait auquel nul hérisson digne de ce nom résiste jamais.
Nous avons peu à peu appris à connaître ses goûts : saucisson, gruyère, fruits frais, oeufs. Mais le fin du fin, c'était le fromage blanc : il s'en barbouillait le museau et les babines comme un vulgaire matou domestique.

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Laissé en liberté dans la salle de bains, Albert nous accueillait avec de petits cris de bienvenue, et ne prenait plus la peine de s'embobinobouler.
Si vous voulez apprivoiser un hérisson, déposez tous les soirs une assiette de fromage blanc près de sa poubelle préférée. Cachez-vous et écoutez... Il signalera son arrivée par un grand fracas de branches brisées ou de feuilles froissées... Aucune discrétion !
Si vous le ramassez, parlez-lui doucement, expliquez-lui vos intentions ; qu'il s'habitue au son de votre voix et à votre odeur. Mais ne vous faites aucune illusion : son objectif, c'est la liberté. Il finira un jour par la reconquérir.
N'ayez donc pas la cruauté de prolonger sa détention.

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lundi 26 mai

Comment fut découvert le télescope

C'est en jouant que les enfants d'un Hollandais, montreur de spectacles, nommé Lippeshey, découvrirent le télescope. Ils s'amusaient avec quelques-uns des appareils qui servaient à leur père de gagne-pain quand, par un heureux hasard, ils placèrent des verres et des miroirs de telle façon que le clocher d'une église fort éloignée parut toucher presque leurs yeux.
Ils s'exclamèrent, et leur père, s'approchant, s'étonna à son tour et constata tout ce qu'on pouvait tirer de cette accidentelle invention.
Cet instrument parvint à la connaissance de Galilée, qui le perfectionna et le présenta au monde émerveillé.

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lundi 21 avril

Jean Thomas

S'il existe un personnage qui fut célèbre et populaire en son temps, c'est bien Jean Thomas dit le grand Thomas.
Né à la fin du 17e siècle dans une famille modeste, Jean Thomas était un véritable titi parisien. Bien qu'enfant issu d'un milieu très populaire, il parvint à faire de sérieuses études et fit un stage à l'Hôtel-Dieu comme garçon-chirurgien. Il obtint facilement son diplôme car son intelligence était très vive ; mais plutôt que d'acquérir un cabinet, il préféra la rue.
Vers 1715 on pouvait le trouver installé au Pont-Neuf, face à la statue du Bon Roy Henry (l'inventeur de la poule au pot), c'est-à-dire au quasi centre géographique de Paris, en un lieu très fréquenté par les badauds parisiens. Il se tenait sur un grand char à plate-forme, avec une balustrade et un important toit bombé.
Afin d'exercer avec panache son métier d'"empirique" il arborait un costume remarquable propre à frapper l'esprit des foules : habit rouge, grand chapeau orné de plumes de paon, collier de dents humaine et grande épée au côté.
Sa voix était puissante, comme son personnage d'une carrure peu commune ; on pouvait l'entendre des deux côtés de Seine lorsqu'il faisait son boniment. Il était aidé par un valet qui tapait sur un tambour ou tenait les patients pendant que deux musiciens faisaient un tapage à rendre sourd afin de couvrir les hurlements des martyrs.
- Et en avant la musique !

Pour six sous il vendait un Baume miracle, qui guérissait de toutes les maladies (surtout les maladies secrètes) ou, au choix, il arrachait les dents.
Il opérait d'un coup de poignet vigoureux avec des instruments primitifs, et parfois à mains nues, et, en deux coups de cuillère à pot, le malheureux patient était "soulagé" et, encore tout ensanglanté, expédié (afin de se désinfecter la bouche et reprendre des forces) chez la tenancière la plus célèbre du Pont : la mère Rogomme, à la voix éraillée et marchande d'eau de vie.

Le Grand Thomas prétendait, dans son boniment, arracher les dents sans douleur. Pour en faire la preuve, il louait couramment les services d'un compère, à qui, contre la remise de quelques sous, il arrachait une dent et qui déclarait n'avoir rien senti, à l'assistance, qui ne demandait qu'à le croire. De là sûrement l'expression "mentir comme un arracheur de dents".

Grand Thomas, du fait de sa position géographique et la terreur qu'il inspirait, était le protecteur de tous les mendigots, voleurs, tire-laine et de toutes les filles qui hantaient les lieux ; avec une certaine prédilection pour ces demoiselles dont il était une sorte de super-maquereau.

En 1729, lors de la naissance de M. le Dauphin, fils tant attendu de Louis XV le bien-aimé et de Marie Leckzynska, il voulut offrir une fête avec bal et distribution de vin et nourriture gratis. Or cette fête fut interdite par la police et notre Grand Thomas faillit se faire écharper par la populace en furie. A la suite de quoi, désirant soigner tout particulièrement sa publicité et se réconcilier avec ces clients, il fit, en grande pompe, le voyage à Versailles pour déposer ses hommages aux pieds du royal poupon.

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jeudi 17 avril

L'origine des cloches

Elle semble se perdre dans la nuit des temps. Elles paraissent avoir été en usage en Chine et dans l'Inde dès la fin de l'âge du bronze. Les Grecs et les Romains s'en servaient.
Les Francs en possédaient. A l'approche de l'ennemi, l'évêque Saint Loup fit sonner les cloches de l'église de Sens. Le roi Clotaire fut effrayé par cette voix montant du ciel et n'avança plus. 
Charlemagne en généralisa l'usage. Au Moyen Age, elles indiquaient les heures des exercices religieux, alors on leur construisit des demeures aériennes et on leur donna un nom de baptême.
Plus tard les cloches prirent des proportions considérables. Au XVIe siècle on les orna de décorations somptueuses et symboliques.
Aujourd'hui l'industrie de la fonderie des cloches est principalement en Allemagne, et on trouve les plus grosses cloches, en Russie et... au Japon !
(Article de 1986)

De tout temps, l'église a employé le son des cloches pour appeler les fidèles. Au Ve siècle, la Campanie en possédait : le nom de "campanae" fut donné aux cloches dans les langues romaines et latines. 
Au VIIIe siècle, le pape Etienne III en fit placer trois à Saint-Pierre de Rome.

Les rois de France faisaient de tels cadeaux : Robert le Pieux en donna cinq, dont une de 2 600 livres à Saint Aigna d'Orléans. La plus grosse cloche fut fondue pour le cardinal G. d'Ambroise de Rouen et pesait 36 364 livres.
Le fondeur de ce bourdon, que la Révolution brisa, était Jehan le Machon, de Chartres.

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samedi 12 avril

Recettes en vrac

L'eau bouillante enlève la plupart des taches de fruits ; versez l'eau bouillante sur les taches comme au travers d'une passoire afin de ne pas mouiller plus d'étoffe qu'il n'est nécessaire.

Le jus de tomates mûres enlève l'encre et les taches de rouilles des mains et du linge.

Une cuillérée à soupe d'essence de térébenthine ajoutée à la lessive aide puissamment à blanchir le linge.

Le pétrole fait briller comme de l'argent les ustensiles en étain ; il suffit d'en verser sur un chiffon de laine et de frotter le métal avec. Le pétrole enlève aussi les taches sur les meubles vernis.

L'eau de pluie froide et un peu de soude enlèvent la graisse de toutes les étoffes qui peuvent se laver.

Le pétrole assouplit le cuir des souliers et des chaussures durcies par l'humidité, et le rend aussi flexible que lorsqu'il était neuf.

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lundi 07 avril

Aristote, Socrate

Une réplique d'Aristote 
Aristote, certain jour, se trouvait fatigué par les récits longs et fastidieux d'un grand parleur.

Comme celui-ci termina son discours en disant :
"N'êtes-vous pas étonné ?
- Ce qui m'étonne, répliqua le philosophe, c'est qu'on ait des oreilles pour vous entendre quand on a des jambes pour vous échapper."

La leçon d'un sage
Socrate demandait un jour à l'un de ses disciples :
"Combien avez-vous d'esclaves ?
- Cent.
- Et des boeufs ?
- Deux cents.
- Et d'amis ?
- D'amis... ? Attendez... D'amis ? J'en ai... un... deux... trois... Oh ! non, celui-là n'est pas mon ami... Cela fait...
- Comment, lui dit Socrate, vous savez par coeur le nombre de vos troupeaux, de vos esclaves, vous le dites sans hésiter. Mais la liste de vos amis, vous l'ignorez : vous en ôtez, vous en remettez ! Et pourtant si l'on compare un bon ami avec toute autre chose, ne sera-ce pas toujours le bien le plus précieux ?"

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mercredi 02 avril

Une revanche

Certain boulanger achetait son beurre à un cultivateur qui venait chaque jour au village. Un jour, il lui sembla que les mottes de beurre n'avait pas le poids convenu : il se mit donc à les peser à chaque livraison, et il constata en effet un certain déficit.
Notre homme perdit patience et porta plainte contre le vendeur.
Le juge les fit comparaître devant lui.
"Avez-vous des balances ? lui demanda-t-il.
- Oui, monsieur le juge.
- Et des poids ?
- Je  n'en ai pas.
- Comment pouvez-vous peser votre beurre ?
- C'est simple, répondit le cultivateur. Depuis que le boulanger m'achète du beurre, je prends mon pain chez lui, et c'est mon pain qui me sert de poids pour peser son beurre. Si le poids n'y est pas, c'est sa faute, et non la mienne."

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vendredi 07 mars

Et maintenant une page de réclames de 1925

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lundi 24 février

Les Français en Algérie

Il n'y en a pas assez ! Si nous n'y prenons garde, l'éléement étranger prendra bientôt le dessus.
Sur les 750 000 Européens que faisait ressortir le recensement de 1911, il y avait à peine 300 000 Français d'origin e ; les 450 000 autres se décomposaient en 200 000 néo Français, Italiens, Espagnols, Siciliens, Maltais, naturalisés par le jeu automatique de la loi de 1889 ; 290 000 étrangers non naturalisés et environ 60 000 Juifs indigènes comptés comme Français depuis le décret du juif franc-maçon Crémieux en 1871.
Or, les pertes de la guerre ont surtout portés sur l'élément français, et si le recensement de 1921 indique 820 000 Européens, il n'y a peut-être plus les 300 000 Français d'origine qui existaient en 1911.
Mais s'il n'y a pas assez de Français en Algérie, c'est qu'il n'y en a plus assez de Français en France. En cinquante-cinq ans, de 1866 à 1921, notre population continentale s'est accrue de 1 3000 000 habitants ; augmentation bien faible, si on la compare à celles des autres nations. En cinquante-cinq ans, vingt départements seulement ont vu croître leur population, les autres sont en voie de dépeuplement ou d'extinction. La désertion des campagnes est pour une bonne part dans cette diminution de la natalité. La terre en souffre, et nous aussi indirectement, par la cherté de la vie.
Ainsi, pour en revenir à l'Algérie, les surfaces cultivées qui, en 1914, dépassaient 3 millions d'hectares, sont tombés à 2 220 000 en 1921.
Le voyage de M. Millerand, avec ses fêtes et ses discours, ne sauraient diminuer la portée de ces constatations.

Article du Pélerin, publié en avril 1922

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mercredi 19 février

Moyens de recherches et de répression en 1933

Contre les excès de vitesse

Pour retrouver les autos coupables d'excès de vitesse, il n'est pas toujours facile d'attraper un numéro au vol ; aussi les agents qui assurent la police des routes usent-ils d'un procédé ingénieux : c'est l'emploi d'une espèce de bombes qui, remplies d'une masse gluante, laissent une tache ineffaçable. Lancée sur une voiture la bombe la marque et la fait retrouver facilement.

L'auto munie de T. S. F.

Qu'une manifestation s'organise dans la rue ; qu'un meeting destiné à troubler l'ordre public se tienne en plein air ; qu'uen émeute se prépare dans un quartier suspect ; une auto munie de T. S. F. se transporte rapidement sur les lieux signalés et correspond avec la préfecture de police pour la mettre au courant de la situation et décider sans retard des mesures à prendre.

Ombre et lumière 

Des condamnés de droit commun défilent sous une lumière intense devant des policiers qui les observent en restant dans l'ombre. La mémoire des yeux, qui ne voient que les malfaiteurs, mais les voient d'une façon singulièrement nette et forte, s'en trouve considérablement augmentée ; elle permet de les mieux reconnaître ultérieurement  et de les identifier, s'ils tombent à nouveau entre les mains de la police.

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mercredi 12 février

La rançon du génie

Le docteur Grasset, de Montpellier, fait voir, dans un sinistre tableau, à quoi aboutit la" supériorité intellectuelle" :

Auguste Comte est frappé de folie en plein enseignement. Il ne rentre plus chez lui, errant dans les rues sans but et sans raison. Un jour il veut précipiter sa femme dans le lac d'Enghien.

Jean-Jacques Rousseau a donné de nombreux signes de dérangement cérébral. Il abandonne précipitamment les auberges en y laissant bagages et vêtements. Il voit dans les éléments les preuves du complot universel tramé contre lui. Il craint de manger, de peur qu'on ait soudoyer son cuisinier dans le but de l'empoisonner. Il finit par écrire à Dieu une lettre qu'il dépose sur l'autel de Notre-Dame de Paris.

Dante était en proie aux hallucinations.

Newton est mort fou ; Salomon de Caus, Zimmermann aussi. 

O'Connell et Donizetti ont été frappés de paralysie générale.

Schopenhauer parle haut, marche dans la rue en gesticulant, commet à table mille excentricités ; il casse un bras à sa propriétaire parce qu'elle cause dans son antichambre. Il bat les gens qui lui présentent des notes où son nom est orthographie avec deux p. Il se brûle la barbe au lieu de la raser, il cache son argent sous les couvertures. 

Guy de Maupassant est interné et meurt fou.

André Gill est interné à Charenton. On le soigne, on le croit guéri. Il sort de l'asile. Quelques jours après, on le trouve en pleine campagne, couché sur un tas de pierres. Il est interné de nouveau, et cette fois pour toujours.

Baudelaire est mort de paralysie générale.

Flaubert fut épileptique ou hystéro-épileptique. Ses crises, qui étaient terribles, se produisaient subitement sans que rien les causât.

Le docteur Grasset remarque que beaucoup d'écrivains ont eu une hérédité névropathique remarquable.

Ainsi les fils de Tacite, Bernardin de Saint-Pierre, Donizetti, Manzoni, une fille de Victor Hugo, la soeur de Kant, les frères Zimmermann furent frappés de folie. 

Un fils de Cicéron était un ivrogne incorrigible.

Le père de Beethoven était un alcoolique invétéré, la mère Byron à moitié folle et son père de moeurs déplorables.

L'oncle de Rénan était idiot et son grand-père perdit la raison.

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samedi 08 février

La sorcellerie dans les traditions populaires

La sorcellerie consiste en l'association d'un être humain avec le diable. Elle se distingue donc nettement de la magie, qui est l'utilisation, dans un but qui n'est pas forcément criminel, d'énergies occultes.
Ces rapports d'amitié entre Satan et les hommes furent signalés d'abord par les Hébreux ; ils étaient considérés comme réels au début de notre ère, puisque Jésus-Christ donna à ses disciples le pouvoir d'exorciser.
Toutes les traditions populaires françaises s'accordent sur la façon dont le diable est censé entrer en contact avec un homme : chaque fois, il s'agit d'un édifice, très souvent un pont, dont on n'arrive pas à terminer la construction ; c'était lorsque les bâtisseurs étaient découragés que Satan apparaissait et qu'il offrait ses services en échange d'une âme.

pont


Tant que le diable venait lui-même proposer son aide, ce n'était que de la tentation ; la sorcellerie commença le jour où ce furent les hommes qui appelèrent le diable à leur aide.
A la fin du Moyen Age, on admettait que n'importe qui pouvait devenir l'associé du diable : la seule condition était de ne pas se trouver en état de péché mortel, car Satan n'aurait pas été assez naïf pour acheter une âme qui lui appartenait déjà. 
Les candidats devaient se rendre, à minuit, sous un chêne, et là boire le sang d'une poule noire en évoquant le diable, qui apparaissait aussitôt et faisait signer la convention.
Les jeunes filles, elles, n'avaient même pas besoin de se déranger, on assurait que Satan envoyait un de ses démons à tous les bals, pour se tenir à leur disposition ; il prenait généralement l'aspect d'un jeune homme très séduisant, mais qu'on pouvait reconnaître à ses pieds de cheval. 
L'apport du diable dans l'association consistait en la fourniture d'un animal, généralement un chat noir, qui assurait la prospérité du sorcier, en lui rapportant l'argent que celui-ci désirait et en s'acquittant de toutes les tâches domestiques.
Quant au travail du sorcier, il consistait à trouver des personnes désirant nuire à autrui et à leur permettre de réaliser leurs projets criminels ; ces personnes se mettaient ainsi en état de péché mortel et devenaient les proies du diable.
Les sorciers agissaient surtout au moyen de philtres et par l'envoûtement. Le procédé d'envoûtement le plus pratique consistait à fabriquer une poupée de cire ayant une certaine ressemblances avec la personne à laquelle on voulait nuire ; dès lors, tous les traitements infligés à la poupée étaient ressentis par le sujet, qu'on pouvait faire mourir en perçant avec une aiguille la poitrine de la figurine.
Les philtres avaient pour effet d'annihiler la volonté de la victime et de la faire agir dans le sens désiré ; toutefois leur utilisation était plus difficile, puisque pour les faire absorber à la victime il fallait avoir accès auprès d'elle.
Il est intéressant de remarquer que pour être efficaces les philtres devaient comporter des rognures d'ongles provenant

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de la personne à laquelle on voulait nuire et les poupées devaient être baptisées de tous les noms portés par le futur envoûté ; aussi il est probable que les coutumes encore très courantes consistant à brûler ou à enfouir les rognures d'ongles, et à donner aux enfants plusieurs prénoms dont un seul est généralement connu, étaient à l'origine une protection contre les pratiques de sorcellerie.
Quand une personne avait été envoûtée, elle était en quelque sorte parasitée par un démon qui lui imposait sa volonté. Mais les victimes avaient des moments de lucidité ; alors elles se rebellaient, ce qui donnait lieu aux crises de possession.
Au seizième siècle, trente mille personnes furent convaincues de sorcellerie ; quant aux possédés, ils constituaient, dans certains villages, la moitié de la population. Ainsi, en 1587, tous les habitants d'Amendeuix, en Basse-Navarre, furent victimes de crises de possession se manifestant par des aboiements. Une enquête fut ordonnée par Henri IV, enquête qui aboutit à l'exécution de plus d'un millier de personnes.
Aujourd'hui, la sorcellerie a disparu dans les campagnes : c'est maintenant à Paris et dans les grandes villes que les sorciers exercent leurs fonctions.

Article édité en 1954

dimanche 02 février

Quiproquo

Prendre une personne pour une autre, c'est faire un quiproquo. 
Un grand seigneur qui vivait au siècle dernier, un prince avait épousé une femme très belle, mais dont la sottise était encore plus grande que la beauté. La pauvre princesse, qui savait qu'on se moquait d'elle à la cour, n'osait plus y paraître, et elle restait toute seule, enfermée chez elle, oisive, désoeuvrée, s'ennuyant à mourir. Sa seule distraction était de broder. Il ne fallait point lui parler de lecture : toute petite, elle avait détesté les livres, maintenant elle les avait en horreur.
Un jour cependant le prince entre chez elle, un livre sous le bras, et lui dit :
"Ma chère amie, demain nous aurons à dîner un homme dont toute le ville et toute la cour parlent en ce moment. L'auteur de ce petit livre est un Anglais. Vous me ferez, je vous prie, le plaisir de le lire. Cet ouvrage est très amusant, et il est indispensable que vous connaissiez cette histoire pour faire vos compliments à l'auteur."
Cela dit, le prince posa le livre sur la table, et sortit.

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La princesse soupira profondément, prit le livre, lut le titre : Robinson Crusoé, puis, refermant aussitôt le volume, elle s'enfonça dans son fauteuil pour maudire a son aise les hommes qui prennent plaisir à noircir du papier.
Cependant, le lendemain, pour obéir à son mari, la pauvre femme put se résigner a ouvrir de nouveau l'affreux volume. Jamais écolier n'a pris avec plus de répugnance son livre de leçon. Mais les aventures de Robinson Crusoé sont si attrayantes que la princesse, malgré son horreur pour la lecture, fut bientôt sous le charme. Aussi vite qu'lle put, elle dévora le roman. Elle était encore tout émue quand vint l'heure du dîner.
Daniel de Foë, l'auteur de Robinson, était à la droite de la princesse. La première partie du repas se passa en échange banal de politesses, en propos sur la pluie et le beau temps, sur les splendeurs de Versailles et les distractions de Paris.
Tout à coup la princesse, qui n'avait d'yeux que pour Daniel de Foë, voulant amener la conversation sur un sujet plus intéressant et plus agréable pour lui :
"Monsieur, dit-elle d'une voix douce, vous deviez bien vous ennuyer dans votre île, jusqu'au moment où vous trouvâtes le fidèle Vendredi !"
A ces mots, de Foë, interdit, ne sait que répondre ; les convives se mordent les lèvres pour ne pas rire, et le prince jette sur sa femme un regard furieux. Confuse, rougissante, ne comprenant pas la maladresse qu'elle  a commise, la pauvre femme baisse la tête en murmurant : "Cependant j'ai bien lu cela dans l'histoire !"
Vous pensez si l'on s'amusa longtemps de ce quiproquo de la princesse, prenant Daniel de Foë pour le héros de son roman, pour Robinson Crusoé lui-même.

Paul RAFAND