Le blog du passé

vendredi 25 mai

Langage des plantes : La pensée

La pensée symbolise le souvenir, mais il ne faut jamais en offrir une blanche qui symbolise la mort. Si, dans un bal, une fille porte un bouquet composé de trois pensées (une mauve, un blanche et une pourpre), elle est sûre de d'avoir un amoureux. pensees
Dans la région de Dijon, lorsqu'on déposait des pensées devant l'épouse d'un homme parti à l'armée, cela signifiait qu'elle ferait mieux de penser à lui que de courir les bals.
Une légende d'Ukraine raconte qu'un frère épousa sa soeur. Quand ils découvrirent leur crime, ils eurent un tel chagrin que Dieu les changea en pensées.

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mardi 22 mai

L'instruction primaire

On a fait présent à Adèle d'un superbe perroquet blanc. Grande joie pour la fillette qui d'abord ne se lasse point d'entendre son nouveau compagnon pousser des cris stridents.
Bientôt, toutefois, Adèle finit par trouver monotone et désagréable la répétition de ces cris.
- Encore si Jacquot savait prononcer mon nom ? se dit-elle.
Ce fut pour la fillette un trait de lumière ? Quoi de plus simple que de s'improviser institutrice.. Sitôt pensé, sitôt commencé.
Mai_2012_001Gravement, Adèle s'empare d'une petite baguette sur laquelle Jacquot ne fait aucune difficulté pour se percher. De l'index de sa main gauche, elle scande les intonations diverses de la première leçon et prend grand soin de prononcer distinctement, purement chaque mot.
Adèle a entendu ses parents dire que, des premiers enseignements reçus, l'esprit garde une ineffaçable empreinte. Par expérience la mignonne institutrice sait, qu'à l'exemple de ses parents, de ses maîtresses, elle devra se résigner à faire preuve de grande patience.
Mais on parti est pris, aucune difficulté ne la rebutera, et le bel oiseau finira par récompenser Adèle de ses soins persévérants.
Souvenez-vous de cette vérité trop prouvée par les faits de chaque jour. De nos premiers pas dans la vie dépend en grande partie notre bonheur.
Ne négligez aucune occasion de vous instruire, et, sous prétexte que les habitudes de nonchalance sont très commodes, ne détruisez pas, par votre manque d'attention, les bons résultats de la vigilance de vos parents, de vos professeurs.
On a toujours à se louer de suivre les conseils dictés par leur expérience, par leur dévouement. On a, par malheur, trop souvent à regretter d'avoir rejeté au lin le fardeau d'abord si pesant puis si doux du travail bien compris.
"Obéissance et reconnaissance", telle doit être la devise d'un enfant soucieux de ne manquer à aucun de ses devoirs.

V. VATTIER - 1881

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mardi 08 mai

Le platane et ses méfaits

Octobre_049Le platane est assurément par son port majestueux et le frais ombrage qu'il procure, un des arbres les plus sympathiques aux promeneurs.
Cependant, les personnes qui habitent dans son voisinage savent bien qu'il répand une poussière irritante pour le nez, les yeux et la gorge, poussière provenant des fruits de l'arbre et surtout du duvet dont sont pourvues ses feuilles sur leur face inférieure.
Cette action irritante est telle que les ouvriers chargés d'élaguer les branches de platane, ou même seulement de les ramasser à terre, sont obligés de cesser leur travail, dès que le soleil s'élève et sèche les gouttes de rosée qui collaient et empêchaient de s'envoler les poils extrêmement légers dont il s'agit.
Mais voici que d'autres griefs seraient encore imputable au platane. D'après une étude M. Stéphen Artault, cet arbre hébergerait un acarien capable de s'attaquer à l'homme. En effet, en dehors de la période de pousse et de végétation, on voit souvent les ouvriers taillant les platanes, les enfants jouant avec les brindilles coupées, se plaindre de démangeaisons sur les bras et le cou.
Or si, vers la fin de l'hiver, on soulève les écailles de l'écorce du tronc et des branches, il est aisé d'y découvrir de véritables nids d'acariens réunis par groupes nombreux, et l'on peut se convaincre, en en glissant dans son col ou dans ses manches, que ce sont bien là les agents des démangeaisons.
Plus tard, quand le bourgeons sont ouverts, les acariens émigrent, et on rencontre les mêmes petites bêtes rouges disséminées sur la face inférieure des feuilles.
Cette constations est curieuse, car, jusqu'à présent le platane passait pour très rebelles aux maladies parasitaires, à cause de sa coriacité et de son amertume. En réalité, l'acarien, qui ne peut vivre à Paris que sur le platane, a dû s'adapter à un genre de vie spécial.
En effet, tandis qu'à la campagne l'acarien passe l'hiver sous l'écorce des arbres et descend au printemps sur les feuilles des fraisiers, haricots et autres plantes herbacées de nos jardins où il reste tout l'été jusqu'à une période avancée, sur nos boulevards, ne pouvant quitter le platane et devant se contenter de ses feuilles pour toute nourriture, il regagne ses quartiers d'hiver dès le mois d'août, époque où les feuilles sont déjà coriaces. IL n'a donc eu que trois ou quatre mois de vie active, tandis que le tétranyque (c'est le nom de l'acarien en question) des champs en a plus de sept.
Ces conditions défavorables ont eu pour résultat de diminuer la taille du tétranyque parisien, et aussi, sans doute, de le pousser à s'attaquer à l'homme, ce qu'il fait surtout à la fin de l'hiver.

Article de décembre 1900

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mardi 01 mai

Un 1er mai pas chômé

Mai_2012_002Pays original, le Marais Vernier est une sorte de polder coincé dans le dernier méandre de la Seine, entre le Pont de Tancarville et le Havre, sur la rive gauche. Voué à l'élevage, il est en partie constitué de pâturages collectifs où chacun peut abandonner ses bêtes à la belle saison moyennant une identification des animaux qui s'effectue le 1er mais. La fête du travail n'est pas de tout repos ici.
Ce jour-là, le patelin ressemble au far-west américain : bêtes à cornes, fer rouge, beuglements... Si tout cela ne se passait pas devant un petit café bien de chez nous, avec des cowboys coiffés de casquettes, on se croirait à Dallas.Mai_2012_003
Les neuf animaux que chaque fermier peut faire paître après acquittement d'une modeste taxe sont marqués, aux cornes, des initiales M.V. (Marais-Vernier). Le fer est tenu par les conseillers qui officient, une année sur l'autre, devant un des deux bistrots du village. Les habitants qui n'ont pas d'animaux touchent une indemnité en fin d'année.
Traditionnellement, les éleveurs arrivaient à pied, les vaches à la longe. Aujourd'hui, cet "étampage" a perdu un peu de son charme, beaucoup de bêtes sont amenées en camion. Mais l'ambiance y est toujours.
Facéties du garde-champêtre ou bonnes histoires du cru réchauffées au "calva" égayent cette matinée par ailleurs assez "éclaboussée".

Article de 1985

Mai_2012_001

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jeudi 26 avril

Isolateur pour intellectuels - 1925

Avril_2012_001Tous les travailleurs de la pensée savent combien le bruit gêne leur labeur. C'est pour y remédier qu'un physicien américain s'est avisé de construire cet extraordinaire appareil, qui n'est pas appelé, il faut l'espérer, à devenir d'usage courant.
Il se compose de bois léger, de liège et de feutre et qui, placé sur la tête d'un travailleur intellectuel, (seulement) lui permet de s'isoler complètement dans son labeur. Cet "isolateur", relié à un récipient d'oxygène qui assure la respiration, porte, à la place des yeux, des verres noirs, avec une fente qui ne permet de lire que deux lignes à la fois. Avril_2012_002
L'attention visuelle n'est ainsi jamais distraite !

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jeudi 05 avril

Statistique des noms de baptême

Il ne s'agit pas d'une statistique générale, indiquant quels sont actuellement les noms de baptême lesBapteme plus usités. L'étude dont il s'agit, publiée dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, est toute locale, et porte sur les noms de baptême relevés sur les registres municipaux d'Amiens, en 1691, 1791 et 1891. Elle n'en est pas moins intéressante, et peut nous donner une idée de ce que sont la mode et l'évolution, en cette matière.
Tout d'abord, on remarque qu'il y a deux cents ans, on donnait moins de noms de baptême qu'aujourd'hui. En 1691, on relève 763 baptêmes à un nom, 511 à deux noms et 9 seulement à trois noms.
Cent ans plus tard, la mode des noms multiples s'affirme déjà : 171 à un nom, 715 à deux noms, 411 à trois et 51 à quatre.
Enfin en 1891, on trouve 301 fois un nom, 917 fois deux noms, 457 fois trois noms, 60 fois quatre noms et 7 fois cinq noms. Dans cent ans, vraisemblablement, on ira jusqu'à six noms.
En 1691, parmi les noms masculins, François et le plus usité ; en 1791 c'est Jean-Baptiste ; en 1891, c'est Louis. - Georges, Alfred, Emile, Jules, Léon, Fernand, Marcel, Arthur, Gaston, Gustave, Ernest, Octave, Raoul ne font leur apparition que dans le cours du siècle.
Pour les prénoms féminins, il y a plus de stabilité et d'esprit conservateur. Marie tient toujours la corde, en 1891, comme en 1691 et en 1791.
Marguerite est également un prénom très porté. Puis Françoise arrive troisième en 1691 et 1791, et Louise en 1891. En cette dernière année, Françoise disparait presque, et Jeanne est d'un très bon genre.
Germaine, Georgette, Yvonne, Berthe, Fernande, Angèle, Emilienne, Albertine, Juliette, Léonie, Octavie, Léontine, Alfreda, Alphonsine, Renée, Mathilde, Elise, Alice, Lucie, Lucienne, Marcelle, etc., sont des créations récentes, absolument inconnues au siècle dernier.
L'époque de la Révolution est marquée par une mode de prénoms caractéristiques ; on y trouve des Brutus, des Floréal, des Messidor, des Liberté, des Guillaume Telle, des Unité, des Egalité, des La Montagne, des La Paix, des République, des Bonarparte, des Barras, etc.
Puis viennent les France-Libre, des Sans-Besoin, des Bel-Oeillet, des Hercule, etc. On tombe dans la pure fantaisie.
Parmi les nom féminins, la fréquence de Joséphine, de Virginie, de Sophie, de Victoire, s'explique par l'influence de Rousseau, de Bernardin-de-Saint-Pierr et par les guerres de l'époque.
Pomme, Prime, Vertueuse, Marative, Déesse, Carmagnole, Bellone, Fructueuse, Aérine, sont aussi d'étranges prénoms de cette époque troublée.
A remarquer, à l'époque actuelle, le discrédit profond, au moins à Amiens, où sont les prénoms de : Antoine, Nicolas, Jacques, Françoise, Anne, Catherine, Elisabeth, Geneviève et Antoinette, qui eurent leur temps de splendeur.
Par contre, Georges et Germaine se rencontrent de plus en plus fréquemment.

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mardi 03 avril

Heures d'hiver - Heures d'été

Avril_2012_018

 

Coucou à cadran intermittent

Au lieu d'un coucou traditionnel, c'est le cadran tout entier qui sort toutes les heures. Le reste du temps, il reste sagement caché dans son élégant boitier rustique.

Ce coucou à cadran est pour les heures d'hiver, il fait froid, donc il donne l'heure et rentre au chaud !

 

 

Avril_2012_019

 

 

Marquise de cadran solaire

Ne laissez plus s'abîmer ce charmant accessoire de vos pavillons, protégez-le grâce à notre marquise en zinc.

Ce cadran solaire est pour les heures d'été, il fait chaud, donc il s'abrite sous une marquise. N'est-ce pas une idée géniale ?

 

 

 

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samedi 31 mars

Le chemin de fer de Damas à la Mecque

Après Jérusalem, voici qu'au tombeau du prophète va retentir le sifflet de la locomotive.
Beaucoup de personnes ont révoqué en doute l'établissement d'un chemin de fer reliant la Mecque à Damas et le là, par Beyrouth, aux lignes maritimes du monde entier. Il faut compter, en effet, avec le fanatisme musulman, qui fera considérer comme un sacrilège la construction d'un pareil railway.
Néanmoins, on affirme, dans les milieux bien informés, que les choses sont très avancées ; le sultan aurait émis un avis favorable et les commerçants les plus influents de l'empire turc souhaiteraient vivement la réalisation de ce projet.
Enfin, on dit que la célébre compagnie Carnegie, de Pittsburg (Pennsylvanie) fait tous ses efforts pour obtenir la concession de la ligne, qu'elle s'engagerait à liver à l'exploitation à très bref délai.

Article plubié en Novembre 1990

C'est finalement le gouvernement turc lui-même qui a entrepris la construction de cette nouvelle ligne.

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mardi 20 mars

L'esprit Lorrain

« Vous ne feriez pas mal, père Jean, de vous faire couper les oreilles, dit un loustic de Lorraine à un vieux paysan ; elles sont trop longues pour un homme !
- Hé donc !… Vous, vous ne feriez pas mal de faire allonger les vôtres, répondit  le spirituel villageois, car elles sont, à coup sûr, trop courtes pour un âne !… »

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dimanche 18 mars

L'alcoolisme chez les poissons

Un incident curieux vient de se passer à Frankfort, dans le centre des Etats-Unis. Un immense réservoir contenant près de 50 000 litres de whisky se creva soudain. La distillerie étant située près de la rivière Benson, la liqueur y trouva son écoulement, et le cours d’eau se transforma subitement en un vaste punch.
Mais qu’on juge de la surprise et de la joie des paysans des environs, quand ils virent des bandes de poissons s’agiter à la surface en décrivant d’une rive à l’autre les zigzags les plus fantastiques : la gent aquatique était ivre-morte !
Les paysans eurent tôt fait d’écrémer la surface de la rivière en se servant de récipients de toutes sortes, et ce fut par milliers qu’ils capturèrent ces poissons victimes de l’alcoolisme.

Article de février 1907

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vendredi 16 mars

La manie des statues

Chaque jour, aux quatre coins de la France, on inaugure de nouvelles statues.
Connaissez-vous la réponse de Rossini, le célèbre compositeur italien, à une délégation qui vint un jour lui annoncer que son image allait être exécutée en marbre blanc et qu’elle ornerait la place de sa ville natale ?
Le maestro demanda quel prix coûterait la statue.
« Douze mille francs.
- Eh bien ! Fit Rossini, donnez-moi la somme et les jours de grande cérémonie, j’irai me placer moi-même sur le piédestal. De cette façon, vous aurez l’original au lieu de la copie ! »

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mardi 13 mars

Qui fut le premier ?

Carte de crédit : Les cartes de crédit permettant d'acheter de l'essence étaient courantes aux États-Unis vers 1920. Mais ce n'est qu'en mai 1950 que Diner's Club diffusa la première carte de crédit à usages multiples.

Guillotine : La guillotine doit son nom à Joseph Ignace Guillotin, un médecin qui en avait proposé l'utilisation pendant la Révolution. Mais il  n'en était pas l'inventeur.
On sait qu'un instrument de décapitation était en usage en Irlande en 1307. L'historien anglais William Harrison décrivit en 1587 la "potence d'Halifax". C'était une sorte de guillotine, dont la lame, au lieu d'être verticale, était horizontale. On l'employait depuis la nuit des temps. En 1581, en Écosse, on en employa un modèle, appelé "la Demoiselle", pour dépiter James Morton, le régent, accusé d'avoir trempé dans le meurtre d'Henry Darnley, époux de Mary, reine d'Ecosse.

Jukebox : Un premier jukebox modèle Edison fut élaboré à San Francisco par Louis Glasse en 1889. Mais l'appareil de John C. Dunton, créé en 1905, fut le premier à offrir le choix entre 24 cylindres. Le plus ancien de ceux à disques fut fabriqué à Chicago un ans plus tard.

Verres de contact : Mentionnés pour la première fois en 1827 par l'astronome anglais sir John Herschel, les verres de contact ne furent fabriqués qu'à partir de 1887 : un médecin suisse, Eugen Frick, de Zurich, avait trouvé le moyen de produire des lentilles de précision. La maison Zeiss d'Iéna (R.D.A.) fabriqua les premières.

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vendredi 09 mars

La coiffure de la Frégate - Une mode d'autrefois

Depuis quelques temps, dans les théâtres de Paris, les spectateurs du sexe masculin récriminent à chaque instant contre les dimensions exagérées des chapeaux des dames. Il est certain que les coiffures féminines ont pris, aujourd'hui, des développements considérables ; mais comme elles sont loin encore de celles dont les belles dames se chargeaient la tête pendant les premières années du règne de Louis XVI !
Gravure d'une élégante de cette époque, coiffée à la Belle-Poule ou à la Frégate, "la Junon". Les hauts faits de notre marine dans la guerre de l'Indépendance de l'Amérique avaient inspiré cette mode. Félicitons-nous qu'elle ne se soit pas perpétuée jusqu'à nous !

Article du dimanche 3 février 1907

Mars2012_001

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mercredi 07 mars

Distraction et présence d'esprit

Un célèbre peintre anglais avait été chargé de décorer la coupole de l'église Saint-Paul, à Londres. Le travail était très important, et  comme on voulait que l'église fut entièrement terminée le plut tôt possible, on avait demandé au peintre de se mettre à l'oeuvre avant que la maçonnerie du monument fût complètement achevée.
Celui-ci avait accepté et se tenait, pour peindre, sur un échafaudage étroit, semblable à celui des maçons, et disposé spécialement pour lui.Mars2012_001
Un jour que le peintre était absorbé par l'exécution d'une scène religieuse, il se recula, comme le font à chaque instant les artistes, pour se rendre compte de l'ensemble de leur travail. Insensiblement, regardant toujours la peinture qu'il examinait en clignant des yeux, il arriva tout au bord de son échafaudage.
Encore un pas et il va disparaître dans le vide, et tomber sur le sol de l'église, à deux cents pieds au-dessous de lui !
Mais un maçon, qui travaillait non loin de là, a vu le péril ; son coeur se serre. Dans sa pensée, rapide comme l'éclair, il voit déjà le malheureux tournoyer dans le vide et s'abattre sur le dallage ! Comment faire pour le prévenir ? Si le peintre fait un seul mouvement en arrière, il est perdu ! Alors l'ouvrier n'hésite pas, il court à la fresque,  saisit un des pinceaux du peintre, et barbouille le plus beau morceau de l'oeuvre commencée.
Croyant à la malveillance, l'artiste furieux s'élance sur lui, la main haute.
"Vous pouvez me frapper, monsieur, dit le maçon ; maintenant vous êtes sauvé !"
Cette réponse arrêta l'élan du peintre. Il comprit le danger auquel il venait d'échapper. Alors sa colère fit place à la reconnaissance ; il remercia son sauveur avec effusion et s'offrit à lui venir en aide. Sa promesse n'était pas vaine, il s'intéressa au sort de l'ouvrier, et celui-ci vécut depuis dans la tranquillité puisqu'il savait qu'en cas d'adversité ni sa femme, ni ses enfants n'auraient à souffrir de la misère.

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mercredi 22 février

A quoi bon !

Le célèbre écrivain anglais Jonathan Swift, auteur des Voyages de Gulliver, était, un matin, prêt à monter à cheval, et attendait que son domestique lui apportât ses bottes.
« Je devrais les avoir déjà. Pourquoi ne sont-elles pas nettoyées ?
- Vous allez les salir tout à l’heure dans les chemins. Alors je me suis dit : A quoi bon ? Repartit le domestique. Et j’ai pensé que ce n’était pas la peine de les décrotter, pour les voir deux heures après, en aussi piteux état. »
Le lendemain, ce même domestique ayant demandé à Swift la clef du buffet :
« Pourquoi faire ? Dit le maître.
- Pour déjeuner, monsieur.
- A quoi bon ? Répliqua Swift. Vous aurez encore faim dans deux heures d’ici : ce n’est pas la peine de manger à présent. »

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jeudi 16 février

Les villes franques - Origines des villes françaises

Les invasions germaniques déterminèrent déjà par elle-mêmes un mouvement considérable dans les anciennes villes gauloises. Quelques-unes furent détruites ; d'autres changèrent de site, en sens inverse des translations qu'elles avaient subies à l'arrivée des Romains. A l'approche des Barbares, les vieilles cités dont les abords immédiats se trouvèrent dominés par des collines, montèrent sur ces collines qui parfois, comme pour Auch et Lyon des Convènes (Saint-Bertrand-de-Comminges), répondaient à leurs emplacements primitifs. Les acropoles ou vastes citadelles qui y furent construites devinrent les noyaux des villes du moyen âge et par suite des villes modernes.
Il y eut des localités qui, inconnues jusque-là, durent à leur position stratégique l'importance qu'elles auraient pu avoir au temps de la Gaule indépendante. C'est ainsi que les derniers empereurs romains ou, selon d'autres, les Visigoths, firent fortifier la colline de Carcassonne, et que l'agglomération formée par les populations qui accoururent se mettre à l'abri des remparts fut bientôt assez considérable pour justifier l'érection d'un nouvel évêché. Ce fut probablement aussi le cas de Béziers.F_vrier2012_001
Les rois mérovingiens fondèrent ou laissèrent fonder, pour des raisons diverses, d'autres évêchés qui furent la véritable origine d'autant de villes, lieux auparavant aussi inconnus que Carcassonne, ou totalement déserts. Sur huit cités épiscopales de la Bretagne, six, Quimper, Saint-Pol-de-Léon, Saint-Brieuc, Tréguier, Dol, Aleth (plus Saint-Malo), sont de cette époque, de même que Mâcon et la ville éphémère d'Arrisitum, qui, après avoir eu des évêques de 526 en 798, a tellement disparu de l'histoire, qu'on a eu de nos jours quelque peine à en reconnaître l'emplacement dans le hameau d'Hierle, près du Vigan.
Il y eut enfin, sous les Mérovingiens, des prélats, qui de leur propre autorité, modifièrent les conditions d'existence de leurs diocèses. Saint-Rémi, de Reims, trouvant le sien trop vaste, le partagea en deux au profit de Laon, jusqu'alors simple place forte. L'évêque du Vermandois, le fameux Saint Médard, quitta Vermand, son ancienne capitale, pour Noyon ; l'évêque des Helviens transféra son siège d'Aps à Vivier ; celui des Vellaves, de Révession (Saint-Paulien) au Puy ; celui des Gabales, de Javols à Mende ; celui de Nyon à Belley.
Ce qui rend la fin de l'époque gallo-romaine et la période mérovingienne très intéressante au point de vue qui nous occupe, c'est l'organisation des paroisses. Auparavant, la cathédrale était la seule paroisse d'un diocèse comme l'évêque en était le seul curé. Lorsque toute la Gaule, et lorsque plus tard tous les Francs furent convertis au christianisme, les besoins du culte exigèrent le morcellement du ministère sacré ; des églises rurales, furent érigées. Plusieurs des nouveaux groupes acquirent peu à peu de l'importance, soit par la possession d'une relique vénérée, comme Brioude, soit par les avantages d'une situation favorable au commerce, à la navigation ou au défrichement de vastes régions forestières.
Les rois francs possédaient eux-mêmes autour de leurs résidences des exploitations agricoles d'où ils tiraient le meilleur de leurs revenus et dont la culture demandait un grand nombre de bras. Leur présence annuelle dans ces villas qu'ils habitaient jusqu'à ce qu'ils en eussent à peu près consommé les fruits, attirait des marchands, qui s'y fixaient pour tirer parti de l'affluence des gens que leurs affaires amenaient à la cour, et pour profiter des privilèges que les souverains manquaient rarement d'accorder à ceux de leurs sujets, qui approchaient d'aussi près. Rueil et Clichy, près de Paris, Braisne, entre Soissons et Reims, remontent de cette manière à l'époque mérovingienne. Attigny, près de Vouziers, et Fronsac, près de Libourne, étaient primitivement des résidences d'été de Charlemagne. Le Compiègne actuel, un peu différent comme situation du Compendium romain, a dû ses principaux accroissements à Charles le Chauve, qui en construisit le palais, et de qui la ville, par reconnaissance, prit quelque temps le nom de Carlopolis.
Poissy, Etampes, Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau, Versailles, ont eu plus tard des origines analogues.

Anthyme SAINT-PAUL - 1894

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vendredi 10 février

Lunettes pour chevaux et pour chiens

Un journal spécial, The Optician, assure que le meilleur moyen d'empêcher les chevaux de prendre le mors aux dents, c'est de leur mettre des lunettes. Le plus souvent, lorsque les chevaux s'effarouchent, c'est parce qu'ils sont myopes, et se trompent sur la nature de l'objet qui les a effrayés. Les expériences faites jusqu'à présent prouvent que les chevaux s'habituent très rapidement aux lunettes et sont mal à leur aise quand on oublie de les leur mettre.
Il en est de même pour les chiens, qui sont parfois si myopes qu'ils ne reconnaissent personne à une certaine distance. Dans bon nombre de cas, les lunettes ont rendu de véritables services à ces fidèles animaux.

Article publié en 1894

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mercredi 08 février

L'impôt sur la barbe

barbuUn journal italien, préoccupé des difficultés financières contre lesquelles lutte son gouvernement, propose un impôt, qui en dépit de son originalité, a déjà des précédents. Il s'agit de l'impôt sur la barbe qui a fonctionné pendant longtemps et sous diverses formes en Russie.
Pierre le Grand, connaissant l'attachement que ses sujets on eu de tout temps pour les accessoires velus du visage et voulant établir un système de contribution à large base, introduisit l'impôt sur la barbe dans son empire.
"La barbe est un ornement superflu, inutile," disait-il, et, partant de ce principe, il la frappa d'une taxe comme objet de luxe. La taxe fut proportionnelle et progressive, non en raison de la longueur de la barbe, mais en raison de la position sociale de ceux qui la portaient.
Chacun, en payant l'imôt, recevait une petite médaille qu'il devait porter sur lui, car les préposés à la surveillance de cette taxe spéciale étaient inexorables : toujours munis de ciseaux, ils parcouraient les rues et les chemins et coupaient impitoyablement les barbes de tous les passants qui ne pouvaient pas montrer leur médaille.
Catherine Ier confirma cet impôt. En 1728, Pierre II permit aux paysans de porter la barbe ; mais il maintint l'impôt pour les autres classes, sous peine de travaux forcés en cas d'infraction.
La tsarine Anne rendit encore la vie plus dure aux hommes barbus : non seulement ils devaient payer la contribution spéciale pesant sur eux, mais ils étaient obligés de payer le double pour tous les autres impôts dont ils étaient frappés.
Ce ne fut que sous le règne de Catherine II que cet impôt fut aboli.

 

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lundi 06 février

Poules aux oeufs d'or

Lorsque La Fontaine composa sa fameuse fable, il ne se doutait guèr qu'en l'an 1893 on emploierait les poulets à chercher des pépites d'or dans le Montana, un des États de l'Union américaine. Voici tel que le raconte le Temps d'après un journal américain.
Un brave fermier des environs de Butte City, J. A. Mac Conville, ayant tué récemment un de ses poulets pour le manger, a été stupéfait, en le vidant, de trouver une quantité de pépites d'or dans le jabot et le gésier. N'ayant certainement jamais eu connaissance de la fable de La Fontaine, le brave Mac Conville s'est mis aussitôt à tuer les trente poules et poulets dont se composait sa basse-cour, et dans chacun d'eux il a trouvé, comme dans le premier, plusieurs pépites d'or. Il y en avait en tout pour 387 dollars ou 1 935 francs, soit une moyenne de 60 francs par volaille !
Le fermier a vendu son or à la State National Bank, de Butte City, et s'est empressé de racheter cinquante poules et poulets qu'il a lâchés aussitôt dans les champs aurifères du voisinage. Au bout de quatre jours, Mac Conville a tué un de ses nouveaux poulets et a encore trouvé dans le gésier pour près de 15 francs d'or. Le brave fermier, il est à peine besoin de le dire, est enchanté de sa découverte, et il espère devenir bientôt millionnaire en employant ses poules à chercher de l'or.

 

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jeudi 02 février

La Chandeleur

Avez-vous fait des crêpes pour la Chandeleur ? C'est une des coutumes de la vieille France, que, le 2 février, jour de la Chandeleur, on fasse des crêpes dans l'âtre du laboureur et que chacun doive retourner la sienne. En certaines provinces, la tradition des crêpes a survécu ; mais les enfants du village ne vont plus aux portes des métairies, quêter, un cierge ou une chandelle à la main, en chantant :

Bonjour, la compagnie !
Pour Dieu, nous vous prions
De nous donner sans faute,
En votre dévotion,
De quoi lui faire un cierge
Pour cette Chandeleur
Posé devant la Vierge.
Ça lui fera bonheur?

"A la Chandeleur, dit Abel Hugo, si les paysans ne faisaient point de crêpes, le blé de l'année seraitchandeleur carié. Et celui qui retourne sa crêpe avec adresse, qui ne la laisse point tomber dans les cendres, ou qui ne la rattrape point dans la poêle sous la forme navrante de quelque linge fripé, celui-là aura du bonheur - de l'argent, cette forme tangible du bonheur - jusqu'à la Chandeleur de l'année suivante.
Qu'elle est jolie, cette coutume des crêpes ! Le laboureur de France, qui bat sa farine pour en faire de légères pâtes dorées, qu'il retourne avec soin afin que le blé de la moisson prochaine soit bon et lourd, se doute-t-il qu'il continue à rendre, comme le firent ses lointains ancêtres, un hommage à Cérès, déesse des moissons ?
Ce serait, en effet, à cette époque de l'année, prétend-on, que Cérès, folle de douleur après l'enlèvement de sa fille Proserpine, se serait mise à sa recherche, et aurait allumé des torches sur le mont Etna. Ces torches seraient devenues des cierges que naguère encore on échangeait ce jour-là.
On cite, depuis que la Chandeleur existe, des "parties de crêpes" dont quelques-unes sont fameuses.
Avant de partir pour la campagne de Russie, Napoléon, fêtant la Chandeleur, faisait une partie de crêpes. Arriva son tour de tenir la queue de la poêle.
"Si je retourne celle-ci, dit-il, je gagnerai la première bataille !"
Et la crêpe se retourna, ronde comme une lune dorée.
"Si je retourne cette autre, je gagnerai la deuxième..."
Et de nouveau la crêpe tournoya comme une belle pièce neuve.
La troisième fit de même ; quant à la quatrième, elle roula dans la cendre.
Celle-là, c'était la néfaste la bataille de la Bérésina !
Peut-être, durant l'incendie de Moscou qui marquait le début de sa chute, l'empereur se rappela-t-il la quatrième crêpe du palais des Tuileries.

Article publié en 1912

Posté par choupanenette à 08:57 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
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