dimanche 05 juillet
BONNES VACANCES - Blog en pause jusqu'au 20 juillet
Bisous à mon ami fidèle Nature Verte
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vendredi 03 juillet
Douleur quantitative
Tant de portes à ouvrir, à fermer.
Tant de lits à faire, à défaire.
Tant d'escaliers à monter, à descendre.
Tant de vaisselle à laver, à essuyer.
Tant de linge à blanchir, à noircir.
Tant de poignées de main à distribuer.
Tant de lettres à écrire.
Tant de paroles à prononcer.
Tant de bibis à bébés et bébés à bobos.
Tant de dadas au dodo et de dodos à dada.
Tant de tout et si peu de quelque chose.
Tant de choses et si peu de quelque tout.
Tant et tant et si peu de si peu qu'il y a là de quoi décourager le meilleur, de quoi aller planter sa tente dans le désert.
Mais tant et tant de grains de sable...
René de OBALDIA (Les Richesses naturelles)
jeudi 02 juillet
Le serment d'avocat de Mlle Chauvin
Mlle Jeanne Chauvin vient d'être admise à son tour à prêter serment professionnel des avocats devant la 1er Chambre de la Cour de Paris. La nouvelle "avocate" n'arrive que seconde, quinze jours après son ou sa confrère, Mme Petit ; néanmoins une incontestable priorité lui demeure acquise : c'est elle qui a eu l'honneur d'inaugurer en France le diplôme féminin de licencié en droit, et elle entre au Palais, précédée d'une
réputation de juriste établie depuis plusieurs années déjà.
Son père, mort en 1879, était notaire à Provins ; orpheline à l'âge de dix-sept ans, n'ayant à compter que sur sa propre initiative pour se créer une carrière, elle se livra délibérément aux études classiques avec une ardeur peu commune, même chez le sexe fort : en douze ans, elle avait conquis de haute lutte ses diplômes de bachelier ès lettres, de bachelier ès sciences, de licencié ès lettres, de licencié et de docteur en droit. Munie d'un pareil bagage, Mlle Chauvin avait le choix entre les diverses professions libérales aujourd'hui accessibles au sexe faible ; ce fut ver la plus ardue, jusqu'alors inexplorée des femmes françaises, qu'elle se dirigea par vocation.
Au mois de novembre 1897, elle présentait une requête sollicitant son inscription au barreau de Paris, réussissait à se faire délivrer le visa nécessaire de M. le procureur général Bertrand ; il ne lui restait plus qu'à obtenir l'autorisation de la Cour pour la prestation du serment et le dignus intrare du Conseil de l'ordre.
Malgré les sympathies influentes, malgré toutes les bonnes raisons que fit valoir en sa faveur un membre distingué du barreau de Bruxelles, Me Louis Frank, elle se vit refuser ce qu'elle considérait comme une conséquence naturelle et légitime de son accession au diplôme : les légistes du Palais, effarouchés par la nouveauté du cas, se retranchèrent derrière une interprétation judaïque de la loi. Bref, comme on dit vulgairement, la poire n'était pas encore mûre. La postulante subit galamment son échec, résignée à patienter jusqu'au moment psychologique, et occupa utilement cette période d'expectative en donnant des consultations et en professant un cours de droit élémentaire dans les lycées de jeune fille.
Pendant ce temps-là, la poire mûrissait : le féminisme progressait dans l'opinion publique, s'insinuait chez nos législateurs, et, au mois de novembre 1900, trois ans presque jour pour jour après le rejet de la requête de
Mlle Chauvin, le Parlement votait la fameuse loi d'émancipation. L'exemple et la persévérance de la femme la plus diplômée de France n'ont pas peu contribué à la victoire décisive : Mlle Chauvin aura gagné sa première cause, même avant d'avoir été autorisée à plaider à la barre.
Mercredi dernier, enfin, elle a pu revêtir la robe professionnelle pour la formalité préliminaire de la prestation du serment. Cette robe, elle l'a voulue sérieuse, "à l'ordonnance", ne
concédant à la coquetterie féminine qu'un léger soupçon de manchettes en dentelle blanche. La galerie n'en a pas moins goûté sa bonne grâce, sa gravité aimable, en attendant l'occasion - que nous souhaitons sincèrement très prochaine - d'apprécier la science juridique et le talent de parole de Mme la doctoresse.
mardi 30 juin
Monter sur ses grands chevaux
Il en était des chevaux du temps jadis un peu comme des automobiles du nôtre : tous n'avaient pas la même taille et la même fonction. En gros il en existait de trois sortes : les chevaux de parade, ou de voyage, les palefrois "por chevauchier à l'aise du cors", qui étaient aussi les montures des dames ; les roncins, bêtes porteuses d'armes et bagages, aussi appelés somiers (de somme), qui servaient également aux écuyers et gens de moindre importance ; enfin les destriers, étaient ainsi nommés parce que l'écuyer les conduisait de la main droite (la dextre) quand il allaient "à vide".
Mes sires Gauvains fu armez,
Et si fist a deus escuiers
Mener an destre deus destriers.
(Le Chevalier de la charrette, XIIe)
C'étaient les chevaux de combat, de belle race et de haute taille - plus le cheval est grand, mieux on domine son adversaire - les grands chevaux.
Or sachiez que, quant ils monterent,
Il i ot ploré maintes lermes.
Trois somiers a robes et armes
Orent, et granz chevax de pris.
(Guillaume de Dole, XIIIe)
Monter sur ses grands chevaux c'est donc le signe de la bataille : "Atant guerpissent (abandonnent) les palefrois, si sont es destriers montés" (XIIIe). Naturellement ce n'est pas une action que l'on entreprend l'esprit calme et serein, il y faut de la fougue et de l'arrogance. "On dit aussi - dit Furetière - qu'un homme monte sur ses grands chevaux ; pour dire qu'il parle en colère & d'un ton hautain."
samedi 27 juin
Le Puy du Fou
VOIR D'AUTRES PHOTOS DANS L'ALBUM A DROITE.
mardi 23 juin
Peugeot 203 familiale : Innovation et tradition
La berline 203 d'origine dont dérive la version familiale. Bien que conçues par des ingénieurs français, ses lignes laissent deviner une influence notoire du style américain.
La carrosserie familiale utilise l'espace disponible, même si la
surface vitrée reste limitée comme il était habituel sur les voitures de cette époque.
Les trois rangs de sièges donnent à la voiture une bonne habitabilité pour loger avec un confort raisonnable jusqu'à six passagers.
La Peugeot 203 familiale à six fenêtres, également appelée 203 L, se différencie de la berline normale par son empattement allongé de 20 cm et par sa suspension arrière dotée de lames de ressort semi-elliptiquessemi-elliptiquees à la place des ressorts hélicoïdaux pour mieux supporter l'augmentation de poids.
La 203 L fut fabriquée de juillet 1950 à août 1956 pour une production totale de 61 853 unités. D'autres variantes réalisées à partir du même châssis, comme la version commerciale, la fourgonnette, le châssis cabine et pick-up avec bâche de toile complétaient une gamme déjà étendue.
Classicisme et modernité
Le moteur était un quatre cylindres en ligne aux cotes internes presque carrées (course et alésage presque identiques) une culasse hémisphérique en Alpax, des chambres humides démontables et un seul arbre à cames pour actionner les soupapes situées en tête et légèrement inclinées par de classiques culbuteurs, de petite taille et de faible masse d'inertie. La transmission était assurée par une boîte quatre vitesses dont la première n'était pas synchronisée et la quatrième surmultipliée, associée au pont arrière par un arbre à cardan de petite taille qui occupait peu de place dans l'habitacle.
Le grenier de Charlotte : A visiter impérativement, vous allez vous régaler les yeux !
Les chiffons de Charlotte
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http://www.legrenierdecharlotte.com
Vous y trouverez des créations magnifiques, comme au temps de nos grands-mères. Un travail minutieux et superbe.
mercredi 17 juin
Les dictons de Juin
* Prépare autant de tonneaux qu'en juin tu compteras de jours beaux.
* Soleil de juin luit de grand matin.
* Mars pour les poules, avril pour les moutons, mais pour les boeufs, juin pour tous.
* C'est le moi de juin qui fait le pain.
* En juin, pluie au soleil unie font prévoir récolte bénie.
* Mai orgueilleux, juin poussiéreux, la récolte luxuriante.
* Si en juin il vient grand chaud, tous les blés seront creux et hauts.
* Le temps en juin, le trois, sera le temps du mois.
* Un pré est bien vaurien quand en juin il ne donne rien.
* Homme de juin homme de vin, femme de juin genre coquin.
mardi 16 juin
Les trois gentes Damoiselles
jeudi 11 juin
Le premier pompier de France
De même qu'il y a dans l'histoire le premier Grenadier de France, il existe aussi le premier Pompier. Celui-là est sinon le plus célèbre, au moins le plus ancien. Il appartenait à la troupe du Théâtre-Français. M. Georges Monval nous a jadis raconté ses aventures. Il s'appelait François Dupérier du Mouriez, et il était gentilhomme. Il était venu à Paris avec son oncle, celui-là même à qui Malherbe a dédié ses stances fameuse :
Ta douleur, Dupérier, sera donc éternelle...
Dupérier, qui avait beaucoup voyagé et acquis, en diverses matières, de l'expérience, avait assisté à maintes catastrophes causées par les incendies. Les maisons étaient construites en bois, à cette époque et, quand le feu s'y mettait, il n'en dévorait pas une seule ; tout le quartier et parfois toute la ville y passait. On se servait, pour lutter contre ses fureurs, d'un instrument très rudimentaire et un peu comique, la grosse seringue.
Nous voyons qu'en 1671 la ville de Castres décidait l'acquisition de "huit grosses seringues" à incendie. Ces grosses seringues étaient notoirement insuffisantes ; elles manquaient, si l'on peut dire, d'haleine ; il eût fallu, pour obtenir un résultat efficace, en disposer plusieurs centaines en batterie, et encore leur jet intermittent eût-il été toujours d'une fâcheuse maigreur.
Dupérier se trouvant en Allemagne et dans les Pays-Bas, y avait rencontré une sorte de seringue perfectionné qui rendait aux populations de grands services. Il en acquit un modèle et l'amena à Paris. Le comédien se hâta de faire part de sa découverte à tous les hommes intelligents qu'ils connaissaient. On l'accueillit avec une bienveillance où se mêlait un peu d'ironie. Et Dupérier, bravant les moqueries, attendait qu'une occasion se présentât d'expérimenter la vertu de son appareil.
En 1704, un incendie éclate au palais des Tuileries. Dupérier accourt avec sa pompe et offre son aide à Vauban qui dirigeait les secours. La pompe de Dupérier fait merveille, elle humilie les "grosses seringues". On constate avec surprise et admiration, que "le sieur Dupérier darde l'eau partout où il veut". C'était un triomphe.
Le roi en fut instruit ; sur le rapport de Vauban, il ordonna que douze pompes fussent disposées dans les divers quartiers de Paris. Mais il oublia d'ouvrir les crédits nécessaires à cet objet. On organisa une loterie pour l'acquisition desdites pompes. Trois ans après, nouvelle alerte. Nouveau succès de Dupérier. Cette fois Sa Majesté comprit la nécessité d'établir définitivement ce service. Un décret fut préparé et signé, aux termes duquel une rente de six mille livres était prélevée sur le Trésor pour : 1e : l'entretien des seize pompes ; 2e : les appointements de Dupérier, nommé directeur général ; 3e : la solde de trente-deux gardes pompes... Le budget était maigre ; mais le principe était reconnu. Dupérier n'en demandait pas davantage. Fort glorieux de sa charge, il travailla à en augmenter l'importance, il paya bravement de sa personne. En 1719, bien qu'il eût soixante-neuf ans sonnés, il se lança au feu ; il eut la jambe contusionnée par l'écroulement d'un pan de mur ; il se fit saigner - ce qui était alors le remède universel - et regagna son poste au bout d'une heure. Du coup il fut nommé lieutenant. En 1722, il avait sous ses ordres soixante gardes, manoeuvrant trente pompes. Il touchait trente mille livres pour subvenir à ses frais. Enfin, il obtenait que ses hommes fussent vêtus d'un uniforme qui se composait d'un habit court bleu foncé à collet jaune, avec une casquette de feutre garnie de fer.
Dupérier était au comble de ses voeux. Tout en s'occupant avec amour de ses pompes, il continuait de cultiver son art. Il était devenu sociétaire de la Comédie Française. Grâce à son humeur aimable et aux relations considérables qui lui avaient valu son emploi, il sut placer ses trente-deux enfants (M. Lorédan Larchey certifie ce chiffr qui paraît tout d'abord invraisemblable.) D'illustres rejetons devaient sortir de cette souche. Il eut pour petit-fils le général Dumouriez. Mais celui-ci, dans ses mémoires, passe sous silence cette parenté, soit qu'il lui répugnât de descendre d'un acteur, soit que le régiment de pompiers de nos grands-pères ne lui parût pas avoir un caractère assez belliqueux.
Telle est l'histoire de la première pompe de du premier pompier de France. François Dupérier mérite qu'on honore sa mémoire.
mercredi 10 juin
Almanach des postes, télégraphes, téléphones : 1959
mercredi 03 juin
Pierre Bozec, les enfants héroïques
Pierre Bozec, mousse à bord d'un navire faisant le cabotage sur les côtes de l'océan, était orphelin. Au mois de mars 1882, un matelot l'avait rencontré à la porte d'un cabaret. Il était assis sur une pierre et, avec un mauvais couteau, il creusait un morceau de bois en forme de bateau.
La marin s'arrêta et lui donna des conseils sur la façon de sculpter la coque de son navire en miniature. Mais en s'approchant, il s'aperçut que le petiot avait de grosses larmes qui débordaient sur ses paupières.
Qu'est-ce que cela voulait dire ?
L'enfant raconta ses misères et le matelot se chargea de le "débrouiller". Il le mena au capitaine du bateau qui prenait la mer le soir même. On avait besoin d'un mousse. Pierre, depuis son enfance, courait dans le sable et dans les flaques d'eau, quand il ne s'essayait pas à la navigation dans des barques vermoulues, échouées sur la grève, et que lui et ses camarades remettaient à flot.
Ces états de service suffisaient.
Il partit joyeux, l'enfant...
Pendant des mois il navigua ; mais, au bout du peu de jours, il avait déjà appris qu'il faut quelquefois plus que la bonne volonté et le désir de travailler pour qu'on nous rende justice.
Le lieutenant du bord, non consulté lors de l'admission du mousse, l'avait pris en grippe.
Alors ce fut pour l'infortuné une existence infernale : coups, rebuffade, corvées incessantes, manque de nourriture et de sommeil.
Et, par-dessus cela, personne à qui raconter ses tortures !
Le capitaine était un ivrogne et ronflait dans sa cabine presque jour et nuit. Les matelots, maltraités par le lieutenant, faisaient tomber lâchement leurs colères et leurs rancunes sur l'enfant qui leur était offert comme souffre-douleur.
Pierre, le dos meurtri par les coups de garcette, pleurait des larmes plus amères que celles qu'il versait autrefois sur le seuil du cabaret.
Des pensées de haine et de vengeance devaient, dira-t-on, agiter ce coeur de martyr. Vous allez voir comment il se vengea.
Au mois de février 1884, le bateau sur lequel il était embarqué arrivait à la hauteur de la pointe de Corsen. (Finistère)
La côte est, à cet endroit, très dangereuse à cause des courants et des récifs innombrables. Chassé par un vent furieux, le navire était en péril.
Tous ces hommes, habitués au danger, pressentaient la mort, et le capitaine, dégrisé par l'imminence de la catastrophe, était sur le pont, aidant à la manoeuvre.
A chaque moment, le navire frôlait des rochers aigus dont les arêtes devaient infailliblement déchirer ses flancs.
Enfin, il s'échoua brusquement entre deux pointes de roc et demeura, offrant ses cloisons fragiles aux colossales poussées de la mer en furie.
C'était la fin.
Sur la côte, distante à peine de cent mètres, on voyait des hommes s'agiter, de braves pêcheurs qui essayaient de mettre à flot une barque pour établir un va-et-vient, un cordage entre le navire échoué et la côte, afin de sauver l'équipage.
Mais c'était en vain qu'ils s'épuisaient dans leurs généreux efforts. Le capitaine du navire prit alors un cordage, y fit un large noeud et dit :
- Qui veut porter cela à terre ?
Le mousse, l'oeil étincelant et regardant fièrement tous ces hommes qui, depuis tant de jours, l'avaient accablé de coups et d'humiliations, s'écria :
- Moi ! c'est à moi que cela revient ! Je n'ai personne qui me regrettera !
Et, sans qu'on eût le temps de l'arrêter, il passa son corps frêle dans le noeud de l'amarre et se lança à la mer. Un murmure d'admiration, sans doute impuissant à étouffer un cri de remords, parcourut le groupe de ces hommes, n'attendant plus leur salut que du pauvre enfant qu'ils avaient martyrisé.
Il nageait vigoureusement, le mousse frêle, il était soulevé sur les hautes lames comme une feuille qui passe en tourbillonnant au-dessus des toits de maisons.
L'obstacle était peut-être trop faible pour être brisé. Comme le vent soufflait du large, chaque fois que l'enfant surgissait de la profondeur pour planer sur le tranchant d'une crête écumante, il approchait du but.
Enfin un hourrah enthousiaste perça le vent et le mugissement de la mer. Le mousse était à terre !
Oui, il était parvenu au but. Seulement, dans la dernière secousse, le flot déchaîné l'avait lancé avec rage contre les rochers aigus.
Le cordage sauveur fut saisi par les pêcheurs de la côte, mais il n'entourait plus qu'un cadavre. Le pauvre et courageux enfant avait le crâne ouvert ; il venait de donner sa vie pour celle de ses bourreaux !
Dans le cimetière de son village, il y a une tombe sur laquelle on a placé l'inscription suivante :
Pierre Bozec
Mousse de la marine marchande.
Mort en opérant le sauvetage
Des huit hommes de l'équipage
Du chasse-marée Santa-Maria.
Quel monument funèbre vaut celui-là ?
Désiré LACROIX
vendredi 29 mai
La fin de la terre
Notre monde terrestre peut mourir de bien des façons. En voici toujours une, inédite, que je vous livre.
D'après Lord Kelvin, la fin du monde sera déterminée par l'épuisement de l'oxygène, sans lequel une foule de phénomènes vitaux (lesquels ont apparemment une certaine importance), ne seraient ni réalisables ni même concevables.
Le fait est qu'un jour ou l'autre, il faut nous attendre à manquer d'oxygène, puisqu'on en consomme sans cesse et qu'on ne renouvelle jamais la provision.
Cependant, ce jour-là n'est pas près de venir et nous pouvons dormir, en attendant, sur les deux oreilles.
Si l'on mettait, en effet, l'atmosphère terrestre tout entière sur le plateau d'une balance, il faudrait, pour l'équilibrer, 581.000 cubes de cuivre et 1.000 mètres de côté, soit 5 quadrillons de tonnes.
En supposant donc qu'un milliard d'êtres humains absorbent de l'oxygène et que les animaux et les combustions en prennent trois fois plus, l'oxygène disparu ne représenterait pas au bout d'un siècle le poids de plus de quinze de ces cubes de cuivre.
C'est-à-dire que, dans ce laps de temps, l'oxygène aurait diminué de 1/8000 au maximum, c'est-à-dire d'une quantité tout à fait infinitésimale échappant même aux plus subtiles analyses.
Article de 1901
dimanche 24 mai
Sommes-nous plus heureux aujourd'hui ?
Nous avons tout pour l'être et pourtant... si nous en faisons l'addition, que donne-t-elle ?... La vie, en peu de temps, fait des bonds fantastiques : les machines ménagères se perfectionnent sans cesse, la Médecine prolonge la vie, nous assistons émerveillés mais inquiets quand même, à un essor constant des progrès techniques et humains, à tous les degrés. 
Mais qu'en ressort-il finalement ? Et que voyons-nous : le crédit empoisonne les fins de mois, les trajets nous épuisent, l'environnement nous empoisonne, l'alimentation même perd chaque jour sa saveur ancienne, l'énervement est général, la fatigue nous écrase, nos nerfs craquent, les familles se disloquent, les enfants veulent vivre leur vie avant même d'en comprendre la valeur, bref, c'est un éclatement total.
Le progrès, c'est fort bien, c'est nécessaire, mais sommes-nous certains de l'avoir manipulé du bon côté ? Il nous apporte Tout : même les portes des magasins s'ouvrent toutes seules, les machines comptent à la place de nos cerveaux (mais est-ce mieux ?), même pour additionner 2,20 + 1, 10... Et la télévision nous offre à domicile le monde entier chaque jour. Passons sous silence la chère machine à laver la vaisselle, celle qui lave le linge, et le téléphone, etc, etc...
A côté de cela, sur le plan des affections, l'amour se détériore, l'amitié n'existe plus, nous n'avons plus le temps de rien, on se fréquente au galop, on ne sais plus écrire, on apprend toutes les sciences mais on fait d'énormes fautes d'orthographe, etc, etc, etc...
Où irons-nous à ce train démentiel ? Car hélas, j'en ai bien peur, rien n'arrêtera le Bolide en route...
vendredi 22 mai
TOURS en 1896
Elle était, à l'époque gauloise, le cité des Turones, auxquels elle doit son nom actuel, mais on n'est pas renseigné sur son appellation primitive et César qui, dans ses Commentaires, parle de ce peuple ne le désigne pas non plus d'une façon précise. Cependant, après que ses habitants l'eurent détruite et abandonnée à son approche, il s'y fixa. 
Sous les empereurs, sa docilité lui valut le titre de ville libre que lui confirma Adrien. Comme chef-lieu de la 3° Lyonnaise, elle s'accrut vite et posséda alors tous les établissements chers à la civilisation romaine : un temple, un palais, des écoles publiques, une académie, des thermes, un amphithéâtre dont il ne reste aucune trace.
Au Ve siècle les Wisigoths l'occupèrent et Clovis les en chassa en 507.
En 800, CharlemagneCharlemagne, après avoir pris le titre d'empereur, y fit le partage anticipé de son empire entre ses fils.
La première fois que les Normands y vinrent, ils furent chassés et décimés, mais ils réussirent ensuite à y pénétrer et un vrai désastre marqua leur passage.
Au XIIe siècle, elle appartint à l'Angleterre, à qui Philippe-AugustePhilippe-Auguste la reprit, et les luttes dont la contrée fut le théâtre n'empêchèrent en rien son développement.
De nombreux états généraux s'y réunirent. Parmi les plus fameux se distinguent ceux de 1308 qui accordèrent à Philippe le Bel la ratification de la condamnation des Templiers, de 1484 où les traditions des libertés nationales reparurent avec Jean Masselin et Philippe Pot. Ce dernier y prononça un discours d'une singulière hardiesse dans lequel on trouve ce passage, relatif aux princes : "Il y a une autorité supérieure, souveraine, en qui réside le pouvoir et qui peut le déléguer. Cette autorité est celle du peuple ou de ses élus." N'est-ce pas là le langage des hommes de 1789.
Tours vit sa paix troublée par les guerres de religion qui y firent de nombreuses victimes et la révocation de l'édit de Nantes porta un grand coup à son industrie de la soie, que Louis XI y avait établie, en forçant la plupart des ouvriers réformés à s'expatrier.
Après Waterloo, c'est dans cette ville qu'eut lieu le licenciement d'une partie de la grande armée qui s'y était repliée.
En 1870/71, un rôle important lui fut momentanément dévolu. C'est là que se fixa, lors de l'investissement de Paris, la délégation de la Défense nationale et que Gambetta organisa la deuxième armée de la Loire. Le 9 décembre, Orléans occupée par l'ennemi, le gouvernement se transporta à Bordeaux.
Cette belle cité est bâtie sur la longue péninsule formée par la Loire, rive gauche, et le Cher et de puissantes levées ont dût être construite pour la défendre contre les inondations. Très étendue, très bien percée, elle offre un ensemble panoramique superbe que complète le joli paysage qui l'encadre.
Son oeuvre moderne la plus vantée est le pont de près d'un demi-kilomètredemi-kilomètre, jeté sur la Loire pour la relier à son faubourg Saint-Symphorien, et qui se continue dans la ville par une rue magnifique et au-delà, vers le Cher, par une large avenue, le tout formant un coup d'oeil merveilleux.
Ses monuments dignes de remarque sont : l'église Saint-MartinSaint-Martin, avec ses deux tours qu'on dit dater de CharlemagneCharlemagne, la cathédrale, de la période ogivale, le palais du commerce, la tour de Guise, la maison de Tristan l'Ermite, édifice en brique avec donjon, l'hôtel de ville, la préfecture, les ruines du château de Plessis où mourut Louis XI.
L'industrie y est surtout renommée par la fabrication des étoffes de soie, pour meubles, sa passementerie, ses rubans, ses tapis, sa faïence, se poterie vernissée, ses tanneries, amidonneries, teintureries, ses vitraux. Quelques-uns de ses produits gastronomiques, pruneaux, rillettes, sont très connus.
Le séjour de Tours est très apprécié des Anglais, mais on n'y trouve plus la grande activité d'autrefois et sa population qui, au XVe siècle, était de 80 mille habitants a diminué de façon notable.
Ce fut dans ses environs que Henri IV fit planter les premiers mûriers pour acclimater le ver-à-soie en France.
Parmi ses célébrités citons : le peintre Clouet, les poètes Grécourt et Destouches.
Population en 1896 : 63.267 habitants
mercredi 20 mai
La parfumerie sulfurée d'Uriage
Les eaux d'Uriage sont célèbres depuis l'antiquité. L'une des deux sources, la plus renommée, a une grande réputation pour le traitement des maladies de la peau : éruptions, dartres, eczémas, etc... ; mais tout le monde ne peut s'offrir le luxe d'une saison à Uriage, et le nombre des personnes pouvant profiter de ces eaux bienfaisantes serait forcément très limité, si un éminent parfumeur de Grenoble, M.A. Chardon, fondé en 1839, à l'enseigne de l'Ours des Alpes, a la propriété exclusive de la Parfumerie sulfurée d'Uriage, et les produits spéciaux et essentiellement hygiéniques qui s'y fabriquent sont au nombre de cinq.
La lotion pour la tête, antipellicullaireantipellicullaire et antidartreuse,
La pommade sulfurée, qui peut s'employer seule ou en même temps que la lotion, ces deux produits se complètent l'un l'autre,
L'eau de toilette, souveraine pour les boutons, rougeurs et autres affections de la peau,
La crème froide, sorte de cold-cream, qui entretient la peau dans un état de santé parfaite,
Le savon pour la toilette qui adoucit la peau et jouit des propriétés hygiéniques les plus étendues.
Tous ces produits, qui empruntent aux eaux d'Uriage leurs propriétés bienfaisantes, n'en ont nullement l'odeur caractéristique. La flore des Alpes du Dauphiné est d'une grande richesse en plantes qui sont en même temps salutaires et d'une odeur exquise, et c'est à ces plantes que les produits fabriqués par M. Chardon doivent le délicieux parfum qui les distingue.
La parfumerie sulfurée d'Uriage, dont l'essai constitue sa plus solide réclame, après un premier succès remporté à l'Exposition internationale de la santé, à Lyon, en 1886-87, sous la présidence de M. Chevreul, membre de l'institut, succès qui s'est traduit par la remise d'une grande médaille d'or avec diplôme d'honneur, a obtenu par témoignages non moins éclatants et non moins importants de ses propriétés irrécusables. En effet, le Jury, d'un caractère nettement médical, de l'Exposition internationale de l'hygiène, tenue à Paris en 1891, a décerné à cette maison, pour sa parfumerie sulfurée d'Uriage, une médaille d'or et le Jury de l'Exposition universelle de Lyon, en 1894, lui a décerné une nouvelle récompense que nul produit similaire ne pouvait mieux mériter.
lundi 18 mai
Alphonse Karr et son domestique (1894/1895)
Le romancier Alphonse Karr avait pour domestique, à certaine époque, un nègre superbe, haut de six pieds, mais tellement paresseux que ses fonctions n'étaient plus qu'une sinécure. Un beau jour, Alphonse Karr, impatienté d'attendre ses chaussures que ce singulier valet de chambre ne nettoyait jamais qu'au dernier moment, lui cria d'un ton de mauvaise humeur :
"Eh ! maraud, si tu n'as pas le temps de cirer mes bottes, prends un domestique !"
Le lendemain matin, personne de plus étonné qu'Alphonse Karr en voyant entrer à pas de loup dans sa chambre un étranger qui dépose au pied de son lit une paire de bottes luisantes comme un miroir, et sur une chaise des habits scrupuleusement brossés.
"Que m'apportez-vous là ? demande Karr en se frottant les yeux.
- Ce sont les effets de Monsieur."
Le maître sonne : le nègre survient.
"Dis-moi donc qui est cet homme. Qu'est-ce que cela signifie ?
- C'est le domestique que je viens de prendre, ainsi que Monsieur me l'a conseillé hier !" réplique le nègre.
Alphonse Karr, qui ne manquait pas d'originalité, prit fort bien la chose et laissa tranquillement son noir valet de chambre faire exécuter son service par procuration. Tout allait donc au mieux, quand voilà qu'un matin il voit ses vêtements arriver sur le bras du nègre lui-même.
"Tiens, c'est toi ? lui dit-il. Et ton domestique ?
- Ah ! ne m'en parlez pas, Monsieur, je l'ai mis à la porte. C'était un fainéant !"
vendredi 15 mai
Je suis à la recherche de ce poème. Qui peut m'aider ?
Roi et reine tous deux ont parcouru des terres,
Mais il est devenu ce vieux loup solitaire.
Elle l'aime toujours et accepte qu'il erre
Puis revienne encore autour de ses parterres.

mercredi 13 mai
Noël Roquevert
Certainement le second rôle le plus populaire du cinéma français.
* Nom véritable : Noël Benevent
* Nationalité française
* Né le 18 décembre 1894 à Douarnenez
* Décédé en 1973
* Signe particulier : fut marié à Paulette Noiseux pendant quarante-cinq ans
Il est le fils d'un comédien et se passionne très vite pour le métier de son père. Il débute avec le muet dans un film de Max Linder, L'Étroit Mousquetaire. Mais il préfère le théâtre et joue un grand nombre de pièces avant de revenir au cinéma, en 1934, dans le film de Jacques Daroy, Cartouche. Il donne déjà l'apparence du "français moyen", râleur, le visage coupé à la serpe et une petite moustache de colonel en retraite. Il impose son physique dans une multitude de films, faisant de lui un rouage indispensable. Clouzot (L'assassin habite au 21, Le Corbeau, Les Diaboliques), Becker, Duvivier, Allegret ou Tourneur (La Main du diable) lui concoctent des rôles sur mesure. En 1951, il fait une prestation remarquée avec son personnage de Fier-à-bras dans Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque aux côtés de Gérard Philippe et de la pulpeuse Gina Lollobridgida. Il apparaît dans plus de deux cents films et tout le monde connaît son nom et son visage, même s'il n'a que des rôles secondaires. Il fait partie de notre imaginaire cinématographique à l'égal d'un Carette ou d'un Jean Bouise.
Une fin romanesque
Il tourne dans Cadet-Rousselle d'André Hunebelle, participe à Napoléon la superproduction de Sacha Guitry - dont il est l'un des acteurs fétiches comme Pauline Carton -, tourne aux côtés de Michèle Mercier et Robert Hossein dans la série des Angélique. Grangier, Chabrol ou Tchernia (Le Viager) le mettent en scène dans les dernières années de sa vie. Il est marié depuis 1928 à la femme de sa vie, Paulette Noiseux, il ne peut surmonter son chagrin lorsque cette dernière disparaît en 1973 et meurt dans son lit quelques jours après.
Ses grands films
1922 - L'Étroit Mousquetaire (Max Linder)
1934 - Cartouche (J. Daroy)
1938 - Entrée des artistes (M. Allégret)
1942 - L'assassin habite au 21 (H.G. Clouzot) et lLa Symphonie fantastique (Christian-Jaque)
1943 - La main du diable (M. Tourneur) et Le Corbeau (H.G. Clouzot)
1951 - Fanfan la Tulipe (Christian-Jaque)
1954 - Cadet-RousselleCadet-Rousselle (A. Hunebelle) et Napoléon (S. Guitry) et Snob (J.-P. Mocky)
jeudi 07 mai
Le Vorticelle Rotifère
Le vorticelle rotifère n'est qu'un atome vivant qu'on trouve dans la terre que le vent emporte sur le toit. Aussitôt qu'on humecte d'une goutte d'eau cet atome inanimé, sa vie se réveille, son organisation se développe, et l'on voit paraître, comme par enchantement, un animal dont la tête est ornée de deux panaches que leur perpétuel mouvement giratoire fait ressembler aux ailes d'un moulin à vent, et qui lui servent à saisir au passage les insectes dont il se nourrit.
Dès que la goutte d'eau est réduite en vapeur, l'être merveilleux disparaît pour faire place à l'atome de poussière informe, lequel, au bout de dix et de vingt ans, peut de nouveau recouvrer le mouvement et la vie pour les reperdre et les reprendre encore à la volonté de l'observateur.
Le rotifère a le corps formé d'une multitude d'anneaux rayés longitudinalement. Il devient, à son gré, gros et court, mince et long ; il a même le pouvoir de faire disparaître ses deux petits panaches, ainsi que sa queue qui est armée d'un trident épineux. Ces deux panaches ne sont point un simple ornement, ils servent à former dans l'eau un courant qui entraîne vers la bouche du rotifère les corpuscules dont il fait sa nourriture. Il les met en jeu aussitôt qu'il veut attirer sa proie, et c'est par une illusion d'optique que cette machine ressemble à une roue qui tourne sur son essieu. La queue du rotifère lui est encore très utile : lorsqu'il veut marcher, il accroche le trident qui la termine au plan sur lequel il se trouve, et, allongeant l'autre extrémité de son corps comme un ver qui rampe, il décroche sa queue et la retire ; puis il recommence le même manège avec une agilité surprenant jusqu'à ce qu'il soit parvenu à son but.
L'on a vu des rotifères revenir à la vie jusqu'à quinze fois, en laissant de grandes distances entre l'époque de leur mort et celle de leur résurrection. Ce qu'il y a de singulier, c'est que, si ce petit animal est entièrement nu au moment où il se dessèche, il ne ressuscite plus ; mais il renaît constamment lorsqu'on a soin de le couvrir de poussière. Dans l'état de dessèchement, quelques naturalistes assurent qu'il supporte le feu le plus ardent sans périr.
L. Aimé MARTIN



































