Le blog du passé

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lundi 20 juillet

Forteresse de Salses dans les P.O.

Un verrou entre l'Espagne et le France.

Salces_PEn 1496, l'armée française met à sac et incendie le village et le château de Salses qui limitent au nord le territoire espagnol. Pour barrer plus efficacement l'accès du Roussillon à la France, le roi Ferdinand le Catholique décide alors la reconstruction du Salses pour en faire à la fois un fort d'arrêt défensif et une base d'opérations offensives.
En 1503 les Espagnols résistent à un premier siège alors que la forteresse n'est pas achevée.
En 1544 la paix signée entre Charles Quint et François Ier amène un siècle de tranquillité et la forteresse perd peu à peu la supériorité militaire que son architecture novatrice lui donnait à l'origine.
Au cours de la guerre de trente ans, Salses est assiégée trois fois en trois ans avant d'être définitivement conquise par les Français en 1642.
Le traité des Pyrénées, en 1659, entérine l'appartenance du Roussillon à la France. La frontière est alors reportée sur la crête des Pyrénées ; la forteresse perd toute importance stratégique et ne doit sa survie qu'au coût prohibitif de sa destruction.
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Partiellement restaurée par Vauban, devenue poste de surveillance puis prison d'Etat, elle est utilisée comme poudrière pendant tout le XIXe siècle avant d'être classée monument historique en 1886.

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"FORTERESSE DE SALSES"

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samedi 27 juin

Le Puy du Fou

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vendredi 22 mai

TOURS en 1896

Elle était, à l'époque gauloise, le cité des Turones, auxquels elle doit son nom actuel, mais on n'est pas renseigné sur son appellation primitive et César qui, dans ses Commentaires, parle de ce peuple ne le désigne pas non plus d'une façon précise. Cependant, après que ses habitants l'eurent détruite et abandonnée à son approche, il s'y fixa. Num_riser0003
Sous les empereurs, sa docilité lui valut le titre de ville libre que lui confirma Adrien. Comme chef-lieu de la 3° Lyonnaise, elle s'accrut vite et posséda alors tous les établissements chers à la civilisation romaine : un temple, un palais, des écoles publiques, une académie, des thermes, un amphithéâtre dont il ne reste aucune trace.
Au Ve siècle les Wisigoths l'occupèrent et Clovis les en chassa en 507.
En 800, CharlemagneCharlemagne, après avoir pris le titre d'empereur, y fit le partage anticipé de son empire entre ses fils.
La première fois que les Normands y vinrent, ils furent chassés et décimés, mais ils réussirent ensuite à y pénétrer et un vrai désastre marqua leur passage.
Au XIIe siècle, elle appartint à l'Angleterre, à qui Philippe-AugustePhilippe-Auguste la reprit, et les luttes dont la contrée fut le théâtre n'empêchèrent en rien son développement.
De nombreux états généraux s'y réunirent. Parmi les plus fameux se distinguent ceux de 1308 qui accordèrent à Philippe le Bel la ratification de la condamnation des Templiers, de 1484 où les traditions des libertés nationales reparurent avec Jean Masselin et Philippe Pot. Ce dernier y prononça un discours d'une singulière hardiesse dans lequel on trouve ce passage, relatif aux princes : "Il y a une autorité supérieure, souveraine, en qui réside le pouvoir et qui peut le déléguer. Cette autorité est celle du peuple ou de ses élus." N'est-ce pas là le langage des hommes de 1789.
Tours vit sa paix troublée par les guerres de religion qui y firent de nombreuses victimes et la révocation de l'édit de Nantes porta un grand coup à son industrie de la soie, que Louis XI y avait établie, en forçant la plupart des ouvriers réformés à s'expatrier.
Après Waterloo, c'est dans cette ville qu'eut lieu le licenciement d'une partie de la grande armée qui s'y était repliée.
En 1870/71, un rôle important lui fut momentanément dévolu. C'est là que se fixa, lors de l'investissement de Paris, la délégation de la Défense nationale et que Gambetta organisa la deuxième armée de la Loire. Le 9 décembre, Orléans occupée par l'ennemi, le gouvernement se transporta à Bordeaux.
Cette belle cité est bâtie sur la longue péninsule formée par la Loire, rive gauche, et le Cher et de puissantes levées ont dût être construite pour la défendre contre les inondations. Très étendue, très bien percée, elle offre un ensemble panoramique superbe que complète le joli paysage qui l'encadre.
Son oeuvre moderne la plus vantée est le pont de près d'un demi-kilomètredemi-kilomètre, jeté sur la Loire pour la relier à son faubourg Saint-Symphorien, et qui se continue dans la ville par une rue magnifique et au-delà, vers le Cher, par une large avenue, le tout formant un coup d'oeil merveilleux.
Num_riser0011Ses monuments dignes de remarque sont : l'église Saint-MartinSaint-Martin, avec ses deux tours qu'on dit dater de CharlemagneCharlemagne, la cathédrale, de la période ogivale, le palais du commerce, la tour de Guise, la maison de Tristan l'Ermite, édifice en brique avec donjon, l'hôtel de ville, la préfecture, les ruines du château de Plessis où mourut Louis XI.
L'industrie y est surtout renommée par la fabrication des étoffes de soie, pour meubles, sa passementerie, ses rubans, ses tapis, sa faïence, se poterie vernissée, ses tanneries, amidonneries, teintureries, ses vitraux. Quelques-uns de ses produits gastronomiques, pruneaux, rillettes, sont très connus.
Le séjour de Tours est très apprécié des Anglais, mais on n'y trouve plus la grande activité d'autrefois et sa population qui, au XVe siècle, était de 80 mille habitants a diminué de façon notable.
Ce fut dans ses environs que Henri IV fit planter les premiers mûriers pour acclimater le ver-à-soie en France.
Parmi ses célébrités citons : le peintre Clouet, les poètes Grécourt et Destouches.
Population en 1896 : 63.267 habitants

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mardi 22 janvier

Les rues de Paris sous Philippe-Auguste et Louis IX

Ceux qui voient les rues de Paris, aujourd'hui, si larges, si bien pavées et si bien éclairées, ont de la peine à se figurer ce qu'elles étaient autrefois, du temps de Philippe-Auguste et de saint Louis. C'étaient alors de petites voies étroites qu'une charrette de foin suffisait à encombrer et qu'on fermait chaque soir, aux deux bouts, par de lourdes chaînes.
Les maisons qui se faisaient face étaient si rapprochés qu'elles semblaient se toucher du front.
Num_riser0014Les rues étaient pleines de débris de toute espèce qu'on ne se donnait pas la peine d'enlever. Dans la mauvaise saison, c'était partout des flaques d'eau, des fondrières, des amas de boue fétide et noirâtre. L'odeur qui s'en exhalait était insupportable. Philippe-Auguste, qui s'était mis un jour à la fenêtre du Louvre, en fut si écoeuré qu'il ordonna aussitôt de paver la rue qui passait devant le palais. Peu à peu, les autres le furent également.
Pendant le jour, Paris était plein de passants, de curieux, de pages, de valets, d'hommes d'armes, de chevaliers et de belles dames à cheval, ou de bons bourgeois assis pacifiquement sur leurs mules. Les marchands ambulants y étaient innombrables : chacun avait son cri particulier, qu'il répétait sans relâche du lever au coucher du soleil : c'était assourdissant.
La nuit venue, les honnêtes gens rentraient chacun chez soi, et les autres s'empressaient de sortir. Comme nos villages actuels, Paris n'était éclairé que par la lune, quand la lune était là.
A ces heures-là, il n'était pas prudent de se promener dans Paris. Ceux que leurs affaires attiraient au dehors rentraient accompagnés de gens qui portaient des torches.

Charles NORMAND - Historien français, mort en 1915

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jeudi 28 juin

Busséol - Château-fort en Auvergne

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Construit au cours de la seconde moitié du XII°siècle, le château de Busséol est l'un des plus anciens d'Auvergne. Rare exemple d'architecture militaire romane parvenu jusqu'à nous, seul et dernier témoin historique de l'ancien comté, ce château féodal abandonné et ruiné depuis la Révolution méritait à plus d'un titre, d'être sauvé et réhabilité.




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"Parmi les châteaux forts, gardiens de la Comté,
Busséol, haut perché, guette au loin vers la plaine
Que l'Allier lentement, conquiert à son domaine,
Et l'oeil plonge, ravi, dans cette immensité !..."

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Le jardin des croisades : ce jardin du Moyen Âge, situé au niveau de l'étage noble, c'est-à-dire de l'habitation seigneuriale à 700 m d'altitude, sur un éperon rocheux, entre ciel et terre, évoque parfaitement le Jardin de Paradis décrit sur les documents de l'époque romane.
De surface limitée, en raison du rocher escarpé, entouré d'un chemin de ronde d'où l'on surveillait le territoire appartenant à sa seigneurerie, il était invisible de l'extérieur ; par contre, du haut de ce jardin vertigineux, il est possible d'admirer un vaste paysage s'étendant du massif du Sancy aux monts du Forez et de Vichy à Mercoeur.

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... "L'amour de moy s'y est enclose
Dedans un joly jardinet,
Où croist la rose et le muguet,
Et aussi faict la passerose..."

P. de Ronsard

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mercredi 02 mai

Montpellier

Montpellier

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mercredi 21 mars

Le Puy (article août 1893)

Il y a eu récemment des fêtes au Puy, et le département de la Haute-Loire a été honoré d'une visite ministérielle. L'attention s'est aussi portée plus particulièrement sur ce coin pittoresque de la France. Les touristes y ont été attirés et c'est par caravanes qu'ils y viennent de partout ; ils ne sont du reste pas trompés dans leur attente. La Haute-Loire leur offre à chaque pas des surprises : profondes vallées sillonnées de rivières, de ruisseaux et de torrents que les neiges font déborder ; immenses forêts de sapins, couvrant la chaîne granitique de la Margeride, où gîtent des loups affamés, vastes grottes creusées dans le flanc des rochers, beaux lacs à l'eau bleu, landes à l'aspect stérilisé, montagnes dénudées, tailladées et rongées par le temps.
Le Puy, chef-lieu de ce département, est bâti en amphithéâtre. C'est une très vieille ville dont on parlait déjà au commencement du Xe siècle et qui abonde en souvenirs historiques, car les rois de France, Louis VII, saint Louis, Philippe le Hardi, Louis XI, François Ier y ont séjourné à diverses époques. Henri IV en fit le siège en 1596 et s'en empara.
"Il n'est peut-être pas de ville d'une physionomie plus originale, dit M. Marius Vachon. Au milieu d'une vallée circulaire arrosée par deux petites rivières, se trouve une éminence que surmonte un rocher de dimension extraordinaire. Ce rocher, qui s'appelle le mont Corneille, a une hauteur de 757 mètres. Il sert de piédestal à une colossale statue en bronze, représentant la Vierge. Au pied de ce rocher, à droite, le plateau exigu de l'éminence est occupé tout entier par une cathédrale et ses dépendances. Sur les flancs de la colline s'étagent, superposées dans un désordre charmant, les maisons de la ville, qui s'étend tout autour dans la vallée. A gauche, près d'une rivière, se dresse un obélisque naturel d'une hauteur d'environ trois cents pieds couronné par une vieille église que l'on croirait avoir été bâtie par des génies, des fées ou des aigles.

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lundi 27 novembre

CLERMONT-FERRAND

Num_riser0009 La cathédrale        Num_riser0010   Place de Jaude

Au milieu d'un bassin semi-circulaire limité par une chaîne de monts en amphithéâtre que domine de toute sa majesté le Puy-de-Dôme, s'élève la ville de Clermont, baignée par la Tiretaine.
Elle s'appelait aux temps gallo-romains Nemetum et ne manquait pas d'une certaine activité. Mais ce sont les malheurs de Gergovie, sa voisine, qui contribuèrent le plus à sa prospérité primitive parce que ses habitants vinrent y chercher un refuge, après que César eut assiégé et détruit leur cité.
Désormais, consacrée à Auguste qui l'agrandit, la dota d'un capitole et d'un forum, constituée en municipe, elle devint la capitale de l'Avernie. Comme elle s'imprégna rapidement de la civilisation des conquérants, les empereurs y établirent un Sénat et une école de droit latin. Les arts y furent cultivés avec succès et les maîtres habiles qui y enseignèrent les belles-lettres lui firent un grand renom. Le temple de Mercure, dressé à proximité, sur une montagne, en faisait un lieu très fréquenté. On y voyait une statue colossale du dieu, en bronze, mesurant 122 mètres de haut, et que Pline appelle une merveille du monde.
Les Vandales et les Sarrazins la saccagèrent successivement et c'est au VII° siècle qu'elle prit sa dénomination actuelle de sa citadelle qu'on désignait sous le nom de Clarus-Mons.
C'est dans ses murs que Pierre l'Ermite prêcha la première croisade, en 1095, à la suite d'un concile fameux dont les conséquences politiques ont été considérables.
Montferrand, achetée par Philippe-le-Bel, devint la ville du roi, le siège de sa justice et ce n'est que lorsque Clermont fut adjugée à la couronne, à la suite d'un procès gagné par Marie de Médicis, que le parlement s'y transféra. Tout le mouvement s'y porta aussitôt et Montferrand, délaissée, tomba dans une décadence complète. Aujourd'hui rattachée officiellement au chef-lieu, elle n'en est plus guère qu'un faubourg qui sera incessamment englobé quand les constructions en cours seront achevées.
Cette ville qui, au moyen-âge, a beaucoup souffert des guerres civiles et de l'invasion anglaise, n'a, dans les temps modernes, presque pas d'histoire, comme les peuples heureux.
Restée la capitale de l'Auvergne jusqu'à la Révolution, elle est devenue un des centres les plus actifs du Plateau-Central et s'offre au touriste comme une assez jolie ville qui paraît triste, surtout dans les vieux quartiers dont les rues sont resserrées et bordées de hautes maisons de la Renaissance avec des façades historiées. Et cette physionimie sombre, qui lui vient de ce que ses habitations sont bâties en lave de Volvic -village distant de 8 kilomètres- de couleur presque noire forme un contraste très vif avec la campagne d'alentour, ici, riante, avec la fertile plaine de la Limagne, là, sauvage, avec ces volcans qui élèvent leurs dômes, ces coulées basaltiques qui s'allongent en tables découpées par le lent travail des siècles, partout digne de la plus vive admiration, si, par endroits, l'homme ne s'était plu, avec un bon goût parfois douteux, à contrarier et à amoindrir l'oeuvre superbe de la nature.
Quelques-uns de ses monuments valent une mention. Sa cathédrale, qui appartient à la grande époque où l'art ogival parsemait notre pays de tant de chef-d'oeuvre, peut, par la pureté de son style soutenir la comparaison avec les plus belles et l'église Notre-Dame du Port est un type complet de l'art roman. Le Palais des facultés, construction moderne en briques, ne manque pas d'agrément non plus.
La fontaine pétrifiante de Saint-Allyre est une curiosité que tout voyageur ne néglige pas de visiter.
Par suite de la proximité des montagnes, le climat de Clermont est très changeant. Les coteaux des environs sont plantés de vignes et l'un d'eux, le Chanturgues, produit un petit vin assez renommé.
Le patois auvergnat se parle beaucoup dans les faubourgs et la ville, très proprement entretenue, prend un peu de gaieté au moment de la saison des bains de la Bourboule, du Mont-Dore, et de Royat à laquelle elle est reliée par une large avenue formée d'hôtels particuliers.
La place de Jaude, où se trouve la statue du général Desaix, est la plus remarquable de l'endroit et c'est là que, dans les longues et chaudes soirées d'été, les Clermontois viennent de préférence faire une promenade.
Les principales industries du pays sont la confection des pâtes alimentaires, des confitures, des fruits confits, spécialement d'abricots, qu'on expédie jusque dans les contrées d'Orient. On y travaille les métaux, le bois, les plantes textiles et on fabrique les plus beaux vitraux de France.
Elle fait aussi un grand commerce de céréales, de bestiaux, du fromage, de toiles, de vins d'Auvergne et exploite des sources d'eaux thermales réputées contre les scorfules et les rhumatismes.
Le grand philosophe Pascal y est né en 1623.
Population en 1896 : 76.197 habitants.

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vendredi 17 novembre

AMIENS

Num_riser0007 Le passage du Blanc-Pignon               Num_riser0008  La Cathédrale
fac-similé d'aprè une eau-forte de M. Tattegrain

Sur les rives de la Somme, au centre d'une plaine composée jadis de terrains tourbeux que la culture est parvenue à transformer complètement, s'élève aujourd'hui Amiens.
Elle s'appelait, à l'époque gauloise, Samarobriva et était la capitale de la tribu des Ambiani que César soumit au moment de la conquête. La position lui ayant paru excellente, il y établit son quartier général pour mieux diriger ses opérations contre les Belges. Entre temps, il s'attacha à l'embellir et à lui faire une situation florissante.
Lorsque les Normands passèrent comme un fléau sur notre pays, elle n'échappa pas à leurs incursions et se vit entièrement ruinée par eux.
Au XII° siècle, ses bourgeois, encouragés sans doute par les succès de ceux de Laon sur leur évêque, luttèrent avec énergie et persévérance contre leur comte pour obtenir leur commune, et c'est grâce à l'intervention de Louis le Gros qu'ils y réussirent.
De bonne heure, l'Amiénois, par son importance tenta les rois de France qui le réunirent à la couronne en 1185, c'est-à-dire avant la plupart des autres subdivisions de la Picardie.
Le parti de la Ligue, dont Péronne avait été le berceau, sut, en 1588, gagner Amiens à sa cause et il fallut toute l'astuce de Henri IV pour qu'elle consentît à se soumettre en 1592.
A la veille de la pacification religieuse et de la paix de Vervins, les Espagnos la surprirent en recourant à un stratagème.
Doullens, qui était aux mains de l'ennemi, avait un gouverneur fort habile. Ayant appris que les habitants d'Amiens se gardaient bien la nuit et très mal le jour, celui-ci résolut de tirer profit de cette particularité. A cet effet, il vint s'embusquer, avec quelques mille hommes, non loin de ses murs. Quand, au matin, la porte s'ouvrit, des paysans se présentèrent chargés de sacs ; l'un deux laissa le sien s'ouvrir ; il s'en échappa une quantité de noix qui roulèrent à terre et que les hommes de garde se disputèrent gaiement. Au même instant, une charette survint ; lorsqu'elle se trouva engagée sous la porte de façon à empêcher la herse de tomber, le conducteur coupa les traits des chevaux.
C'était l'heure convenue pour l'action. Les faux paysans tirèrent de dessous leurs souquenilles des épées et des pistolets et égorgèrent le guet. Leurs camarades, prévenus, accoururent et la ville fut prise.
La nouvelle parvint à Henri IV au milieu des fêtes que Paris lui donnait. "C'est assez faire le roi de France, dit-il, il est temps de faire le roi de Navarre", et il alla reconquérir Amiens avec Biron.
Depuis, peu d'évènements importants ont troublé sa tranquillité.
C'est le 25 mars 1802 qu'y furent signée, par Lord Cornwallis et Joseph Bonaparte, une paix qui eût été glorieuse pour la France si elle avait été durable. Toutes les acquisitions continentales, toutes les républiques fondées par nos armes étaient reconnues par l'Angleterre et plusieurs colonies nous faisaient retour.
En 1870, la ville, protégée par une citadelle, opposa quelque résistance aux troupes allemandes mais l'insuffisance des travaux de défense l'obligea à céder.
Cette cité se divise en deux parties assez distinctes : la partie haute, composée de jolies habitations et de larges et longs boulevards qui aboutissent, à l'ouest, à la splendide promenade de la Hotoie ; la partie basse, que Louis XI appelait sa petite Venise, à cause de nombreux bras de la Somme qui la parcoururent, comprend le quartier Saint-Leu dont certaines rues - entre autres celle des Tanneurs - ont encore un aspect moyenâgeux.
L'industrie amiènoise, très animée, est surtout concentrée dans la filature du lin, de la laine, de la soie, le tissage des toiles, la fabrication des velours, genre Utrecht, des tapis, la construction des machines. Une spécialité culinaire locale, le pâté de canard, a acquis une renommée nationale.
Les jardins maraîchers ou hortillonnages qui s'étendent vers Camon sont une grande source de richesses aussi et leurs produits s'exportent jusqu'en Angleterre.
Un monument domine la ville entière de sa masse grandiose, la cathédrale. Bâtie sur les plans de Robert de Luzarches, elle est certainement le plus beau spécimen de l'art gothique que possède la France. On ne se lasse pas de contempler ses deux tours, sa façade décorée si harmonieusement, ses trois porches ornés de tant de statuettes originales, la finesse du travail de sa rosace, les dimensions et la hardiesse de sa nef centrale, les figures et bas-reliefs qui décorent les stalles du choeur, modèles achevés de sculpture dont tout l'honneur revient à deux maîtres menuisiers Boullin et Huet, les hauts-reliefs qui commentent la vie de Saint-Firmin, la majesté imposante de l'ensemble. Et après avoir goûté toutes les joies saines que procure le spectacle de cette belle oeuvre d'art que le moyen âge nous a léguée, l'esprit se reporte, avec une admiration respectueuse, vers les grands imagiers qui l'ont conçue sans autre souci que la fidèle interprétation de leur idéal.
A côté de cet édifice, d'autres se placent, de mérite moindre, mais qu'il serait injuste de ne pas mentionner, comme le beffroi, l'hôtel de ville, la bibliothèque et le musée qui possède deux des plus magnifiques peintures décoratives du regretté maître Puvis de Chavannnes.
Un faubourg, celui de Saint-Acheul, est intéressant par les restes si curieux qu'on y a découverts de l'industrie des premiers âges.
Pierre l'Ermite, le prédicateur de la première croisade, le maréchal d'Estrées, l'historien Ducang, l'écrivain Voiture, le poète Gresset, l'astronome Delambre et grammairien de Wailly étaient originaires d'Amiens.

Population en 1896 - 88,731 habitants
Le grandes villes de France - F. Bertaux

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lundi 06 novembre

NÎMES

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Cette cité, la plus importante du Midi méditerranéen après Marseille et Toulon, aurait vu sa prospérité s'accroître encore si elle n'avait le grave inconvénient d'être éloignéee de tout vrai cours d'eau, ce qui nuit surtout à l'expansion de son trafic commercial. Construite au bas d'une chaîne de collines d'une faible altitude, auprès d'une campagne où les chênes nains, les oliviers, les ceps de vigne croissent entre les pierres, son aspect est des plus pittoresques. La ville proprement dite, assez restreinte, est séparée de ses faubourgs - dont l'un, celui du Cours-Neuf, est à lui seul plus grand qu'elle - par de magnifiques boulevards bordés de maisons fort jolies.
Primitivement, Nîmes était un des centres les plus animés de la Gaule. Chef-lieu des Volces Arécomices, elle reçut une colonie de Massaliotes, puis s'allia aux Romains auxquels elle se soumit volontairement. Embellie par Auguste, Tibère, Trajan, Antonin, elle était devenue un des plus remarquables ornements de l'empire, avait ses temples, son capitole, son forum, ses thermes, son aqueduc, ses remparts renfermant, comme ceux de Rome, sept collines dans leur enceinte, et qui étaient flanqués de 90 tours et percés de 10 portes. Ravagée par les Vandales, elle passa aux Wisigoths jusqu'en 507, puis tomba au pouvoir des Francs à qui les Sarrazins l'enlevèrent. Charles Martel la délivra, mais toutes les guerres auxquelles elle avait été mêlée l'avaient en partie ruinée et, quand elle eut subi les dévastations des Normands, sa population était réduite de 400 habitants.
A partir de 1185, les comtes de Toulouse favorisèrent son rétablissement et elle se releva peu à peu. Pendant quelque temps comprise dans le domaine de Maguelonne, elle dépendait ainsi du royaume d'Aragon. Lors de la guerre des Albigeois, Louis VIII la prit et l'incorpora à la France.
La réforme y fut prêchée en 1533 et les Nîmois l'embrassèrent avec une telle ardeur que 25 ans après les trois quarts étaient protestants.
La Saint-Barthélemy ne fit point, dans cette ville, de victimes parmi les calvinistes, grâce à l'humanité du gouverneur de Villars. En 1621, Nîmes se joignit aux autres cités du Languedoc qui prirent les armes contre le roi et ne se soumit qu'après la reddition de la Rochelle. Louis XIII et Louis XIV la traitèrent avec rigueur, surtout ce dernier après les troubles qu'y avait provoqués la guerre des Camisards. En 1815, les passions politques, aussi ardentes que les convictions religieuses, y amenèrent les luttes sanglantes dont le général Lagarde fut une des victimes.
Nulle part, dans notre pays, on ne trouve d'aussi beaux restes de la grandeur romaine et ses monuments antiques méritent vraiment une description un peu détaillée.
Les Arènes ou Amphithéâtre, attribuées tour à tour à Antonin, Vespasien, à Titus, à Domitien sont construites sur des pierres extraites d'une carrière des environs. Ces pierres, qui mesurent deux à trois mètres cubes, sont posées l'une sur l'autre sans ciment. L'édifice présente le dessin d'une ellipse de 133 mètres de grand axe et 101 de petit. Sa hauteur est de 21 mètres et les portiques, au nombre de 60, sont sur deux rangs superposés. Ceux du premier étage sont séparés par des pilastres sans base et ceux du deuxième par des pilastres engagés d'ordre dorique. Au-dessus règne l'attique, supporté par des chapiteaux et ayant en saillie 120 consoles percées et destinées sans doute à recevoir autant de poteaux servant à soutenir la grande tente ou vélarium qui recouvrait l'ensemble. Ce gigantesque monument possède encore quelques sculptures, entre autres deux gladiateurs et une louve allaitant deux petits enfants. Aux quatre points cardinaux s'ouvrent quatre portes et celle du nord, avec son fronton soutenu par deux taureaux ailés figurés à mi-corps, était l'entrée principale. Les 35 rangs de gradins, sur lesquels 24 0000 spectateurs trouvaient place, étaient divisés en quatre parties : la première, pour les dignitaires ; la deuxième, pour les chevaliers ; la troisième, réservée aux plébéiens ; la quatrième, aux esclaves. Dans le cas d'un orage, 124 vomitoires permettaient au public de se retirer en quelques minutes.
Ces Arènes, qui servirent à l'origine aux combats d'animaux et de gladiateurs, aux sacrifices humains, voient aujourd'hui des courses de taureaux après avoir été au moyen âge tout un quartier dont la population se distinguait par des traits spéciaux de moeurs et de langage.
Pour chasser les barbares qui s'y étaient réfugiés, Charles Martel y mit le feu et des traces des flammes se montrent encore dans les arcades supérieures.
De toutes les belles constructions que les Romains élevèrent dans les Gaules la plus parfaite, la plus complète est peut-être la Maison Carrée. Sa forme est celle d'un rectangle de 25 mètres sur 12. L'entablement et le péristyle, auquel on accède par 15 marches, sont soutenus par 30 colonnes cannelées d'ordre corinthien. On entre dans le monument par une grande porte carrée que couronne une fort jolie corniche sculptée. On n'est pas d'accord sur l'époque où fut construit cet édifice d'une architecture si élégante, si vraiment grecque par la grâce et d'une conservation si remarquable. Selon les uns, il date de Marc-Aurèle, selon les autres, de Lucien Vérus, enfin quelques-uns l'attribuent à Auguste parce que, d'après une inscription qu'on a pu reconstituer à grand'peine, il faudrait conclure que ce fut un temple élevé en l'honneur de ses deux fils adoptifs. Des fouilles ont fait découvrir des portiques rangés latéralement et qui devaient servir de promenade couverte.
Au pied du mont Cavalier s'élève le temple de Diane dans lequel des archéologues ont cru voir un panthéon ouvert aux dieux des Plaisirs et des Songes. Maintenant, la voûte est effondrée et les murs sont envahis par des figuiers sauvages et des plantes parasites.
Le délabrement de la tour Magne est tel qu'il n'est pas possible d'en distinguer la destination primitive. On pense que ce fut le mausolée d'une riche famille hellénique alors que certains la considérèrent comme une oeuvre des Phéniciens. En 1844, on a mis à jour auprès de cette tour, la château d'eau qui amenait aux différents quartiers de la cité antique les eaux venues par le Pont du Gard.
Les édifices modernes de Nîmes ne s'imposent pas par leur valeur architecturale. La cathédrale, deux fois ruinée, deux fois reconstruites, offre encore des traces de l'art romano-byzantin et gothique. Une partie du soubassement de la façade semble avoir appartenue à un temple d'Apollon. On y trouve les tombeaux de Fléchier et du Cardinal de Bernis. L'église Saint-Paul, en style roman, a un portail décoré en demi-relief d'une certaine valeur.
Il faut signaler encore le palais de justice, très intéressant par son fronton et sa magnifique colonnade. Le musée, autrefois installé dans la Maison Carrée, a un certain nombre de toiles de prix : le Cromwell, de Delaroche, un Portrait, de Mignard, une Marine, de Joseph Vernet, une Mort de Didon, du Guerchin, une Judith, de Guido Reni, une Tête de vieille, de Greuze.
La plus belle promenade de la ville est le jardin de la Fontaine, orné de statues, de vases en marbre, de balustres et qui, avec les allées du mont Cavalier, est le lieu le plus fréquenté des habitants. La place de l'Esplanade, une des plus jolies de la France, est décorée d'une fontaine monumentale où se trouvent cinq figures du statuaire Pradier.
Naguère, cette cité n'avait pour s'abreuver et nettoyer ses habitations et ses rues que l'eau d'une source d'un débit souvent insignifiant ; mais aujourd'hui un canal dérivé du Rhône l'alimente abondamment.
Son industrie a subi des vicissitudes. Une colonie de marchands lombards et toscans qui s'établit à Nîmes vers la fin du moyen âge en fit un milieu prospère du travail auquel la peste, les guerres de religion et la révocation de l'édit de Nantes portèrent les plus rudes coups. Toutefois, elle se releva et avant 1789 ses diverses branches industrielles occupèrent la moitié de sa population qui ne dépassait guère  25 000 âmes.
Actuellement, le tissage des étoffes de soie et toutes les opérations préparatoires sont loin de jouer un rôle aussi considérable qu'au siècle dernier dans son activité, quoiqu'elle soit toujours l'entrepôt général des soies grèges de la région ; mais d'autres branches sont venues les remplacer : c'est la fabrication des tapis, des châles, des foulards. Elle a eu longtemps le monopole des "tapis veloutés" pour l'ameublement, qu'elle confectionnait en se servant de procédés inventés par les fabricants locaux. La perte des clients américains, qui maintenant produisent eux-mêmes, et la concurrence d'Aubusson et de Beauvais l'ont conduite à une crise dont elle n'est pas encore sortie complètement.
Des forges et des fonderies s'y sont installés qui ne peuvent manquer de se développer avec la proximité des mines  de houille de Bessèges et de la Grand'Combe.
Le phylloxera a été un désastre pour toute la contrée, et aucune ville n'en a, plus que celle-ci, ressenti les effets dans son commerce. Son mouvement d'affaires qui, pour les vins et les alcools, atteignait près de 10 millions tomba, et les efforts de la viticulture du Gard n'ont pu lui rendre son importance d'autrefois.
Nîmes a, faute de mieux, un port sur le Rhône : Beaucaire. C'était jadis Saint-Gilles qui, par chénaux navigables des marais de la Camargue, se trouvait tout à la fois sur le fleuve et sur la mer.
Jean Nicot, l'importateur de tabac en France, le conventionnel Rabaut de Saint-Etienne, Guizot et Teste, anciens ministres de Louis-Philippe, le poète Reboul étaient nîmois.
Population en 1896 : 74 601 habitants.

Posté par choupanenette à 15:34 - Villes de France - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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