lundi 02 novembre
Peut-on se voir vieillir ?
On n'a jamais que l'âge qu'on porte, dit un proverbe populaire. Mais comment s'apercevoir de l'âge que l'on porte en réalité ? On ne se voit pas vieillir, parce qu'on se voit tous les jours et que le changement est presque insensible, aussi insensible que la pousse des ongles et des cheveux qui est pourtant un phénomène positif.
Le demander aux autres ? On ne les croit guère sur ce chapitre. Cependant voici, d'après un journal de médecine, le moyen d'être infailliblement renseigné, par des symptômes indéniables, sur les premières approches de la vieillesse.
1) - La maladresse des mouvements, on devient inhabile à faire, sans rien abîmer ou casser, des travaux délicats que l'on faisait auparavant en se jouant, du moins on ne les réussit plus.
2) - Moindre sécurité des jambes, on n'a plus la hardiesse dans la marche qui permettra par exemple de traverser sans appréhension une rue encombrée par les voitures, on trébuchera plus facilement sur un trottoir en pente. Ce trébuchement provient de la parésie ou tension anormale d'un certain groupe de muscles.
3) - Le balbutiement, pour ne pas dire le bafouillement ; les mots viennent moins vite à l'esprit paresseux et l'on bredouille ou l'on répète pour leur laisser le temps de venir.
C'est un des phénomènes les plus mortifiants, mais en même temps les plus infaillibles de la sénilité.
S'il fallait ajouter à ces trois catégories de symptômes physiques un quatrième symptôme, psychique celui-ci, on pourrait faire remarquer que la faculté du souvenir s'aiguise en raison directe de l'éloignement des faits, c'est-à-dire que le vieillard possédera une vision de plus en plus nette de ses souvenirs d'enfance, tandis que s'effaceront ceux pourtant plus rapprochés de sa jeunesse et surtout de son âge mûre.
Hélas ! ne vieillissons pas....
Article de 1901
mardi 29 septembre
Porte de Vichy et le Chateau de Bourbon-L'Archmbault
Vichy et surtout Bourbon-L'Archabault étaient au XVIIe siècles les villes d'eaux à la mode. Le surintendant Fouquet, Louis XIV, Mme de Montespan, Boileau, Mme de Sévigné séjournèrent à Bourbon. "Il y a deux jours que j'y prends les eaux, écrivait une fois Mme de Sévigné ; elles sont douces, gracieuses et fondantes ; elles ne pèsent point. J'en fus étonnée et gonflée le premier jour ; mais aujourd'hui je suis gaillarde."
vendredi 29 mai
La fin de la terre
Notre monde terrestre peut mourir de bien des façons. En voici toujours une, inédite, que je vous livre.
D'après Lord Kelvin, la fin du monde sera déterminée par l'épuisement de l'oxygène, sans lequel une foule de phénomènes vitaux (lesquels ont apparemment une certaine importance), ne seraient ni réalisables ni même concevables.
Le fait est qu'un jour ou l'autre, il faut nous attendre à manquer d'oxygène, puisqu'on en consomme sans cesse et qu'on ne renouvelle jamais la provision.
Cependant, ce jour-là n'est pas près de venir et nous pouvons dormir, en attendant, sur les deux oreilles.
Si l'on mettait, en effet, l'atmosphère terrestre tout entière sur le plateau d'une balance, il faudrait, pour l'équilibrer, 581.000 cubes de cuivre et 1.000 mètres de côté, soit 5 quadrillons de tonnes.
En supposant donc qu'un milliard d'êtres humains absorbent de l'oxygène et que les animaux et les combustions en prennent trois fois plus, l'oxygène disparu ne représenterait pas au bout d'un siècle le poids de plus de quinze de ces cubes de cuivre.
C'est-à-dire que, dans ce laps de temps, l'oxygène aurait diminué de 1/8000 au maximum, c'est-à-dire d'une quantité tout à fait infinitésimale échappant même aux plus subtiles analyses.
Article de 1901
dimanche 24 mai
Sommes-nous plus heureux aujourd'hui ?
Nous avons tout pour l'être et pourtant... si nous en faisons l'addition, que donne-t-elle ?... La vie, en peu de temps, fait des bonds fantastiques : les machines ménagères se perfectionnent sans cesse, la Médecine prolonge la vie, nous assistons émerveillés mais inquiets quand même, à un essor constant des progrès techniques et humains, à tous les degrés. 
Mais qu'en ressort-il finalement ? Et que voyons-nous : le crédit empoisonne les fins de mois, les trajets nous épuisent, l'environnement nous empoisonne, l'alimentation même perd chaque jour sa saveur ancienne, l'énervement est général, la fatigue nous écrase, nos nerfs craquent, les familles se disloquent, les enfants veulent vivre leur vie avant même d'en comprendre la valeur, bref, c'est un éclatement total.
Le progrès, c'est fort bien, c'est nécessaire, mais sommes-nous certains de l'avoir manipulé du bon côté ? Il nous apporte Tout : même les portes des magasins s'ouvrent toutes seules, les machines comptent à la place de nos cerveaux (mais est-ce mieux ?), même pour additionner 2,20 + 1, 10... Et la télévision nous offre à domicile le monde entier chaque jour. Passons sous silence la chère machine à laver la vaisselle, celle qui lave le linge, et le téléphone, etc, etc...
A côté de cela, sur le plan des affections, l'amour se détériore, l'amitié n'existe plus, nous n'avons plus le temps de rien, on se fréquente au galop, on ne sais plus écrire, on apprend toutes les sciences mais on fait d'énormes fautes d'orthographe, etc, etc, etc...
Où irons-nous à ce train démentiel ? Car hélas, j'en ai bien peur, rien n'arrêtera le Bolide en route...
mardi 24 mars
Evènements de l'année 1929
POLITIQUE
11 février : Mussolini et le cardinal Gaspari signent les accords du Latran : le Vatican reconnaît le Royaume d'Italie ; le gouvernement décide que le Catholicisme sera SEULE religion de d'état en Italie.
5 juillet : Aristide Briand, Président du Conseil français, propose à la SDN la création des Etats-Unis d'Europe.
28 juillet : A Genève, 48 nations signent la convention sur le traitement des prisonniers de guerre.
24 septembre : Panique à Wall Street où des millions de titres inondent le marché qui s'effondre, provoquant des ruines spectaculaires et des suicides. L'origine en est l'échec du libéralisme économique, la baisse de la consommation et la spéculation.
SPORTS
14 avril : A Saragosse, les footballeurs espagnols écrasent la France : 8-1
14 juillet : Les français Chiron et de Rothschild réussissent - sur Bugatti - le doublé du Grand Prix d'Europe automobile couru au Nurburgring.
18 octobre : Pour la première fois, une femme, M. Pfanner, traverse la Manche en Hydrocycle (ancêtre du pédalo).
ARTS
10 janvier : le dessinateur Belge Hergé crée le personnage de Tintin dont la première aventure a lieu "au pays des Soviets".
31 mars : Publication, par Erich Remarque, du roman pacifiste allemand "A l'ouest, rien de nouveau" qui démythifie le "héros de guerre".
9 mars : Vif succès de la première de "Marius", pièce de M. Pagnol, au théâtre des Variétés. Les interprètes sont Raimu et Fresnay.
16 mai : Les premiers OSCARS du cinéma sont remis à Hollywood à Emil Jannings et Janet Gaylor.
1er juillet : Naissance de "Popeye", sous le crayon de l'américain Elzie Segar et pour la promotion des épinards !
10 août : Vif succès à parution de "Maya l'Abeille" de l'allemand Waldemar Bonsels. L'ouvrage est traduit en 17 langues.
20 novembre : L'écrivain surréaliste André Breton présente la première exposition des toiles de Salvador Dali.
FAITS DIVERS
A Fatima (Portugal), la Vierge, le 13 juin, apparaît dans le couvent des Carmélites, à Soeur Lucie. Elle lui recommande de consacrer la Russie, dès 1930, au Coeur Immaculé de Marie.
Le 29 octobre : le cours du café s'effondre au Brésil. Les récoltes sont utilisées pour chauffer les chaudières des locomotives.
SCIENCES
33 nations participent à La Foire de Paris, le 11 mai. Les frigorifiques y tiennent la vedette.
12 juillet : Premier vol du Dornier DO X, l'hydravion géant allemand qui peut transporter 72 passagers à 190 km/h grâce à ses 12 moteurs.
Le 29 novembre, l'américain Richard BYRD survole le Pôle Sud.
EUX
Le compositeur André Messager, auteur de "Véronique, Pélléas et Mélisande" meurt à 76 ans, le 24 janvier.
20 mars : Décès à 78 ans du Maréchal Ferdinand Foch, héros de la Grande Guerre.
samedi 01 novembre
Les Deux Roses
Au fond d'un parc, près d'un massif de troènes, se trouvait un petit rosier de Bengale. Depuis plusieurs
années, il fleurissait sans que personne se fût jamais aperçu de sa présence. Un soir, une belle rose, à moitié épanouie, se plaignait tout bas du sort qui l'avait ainsi fait naître à l'écart. "Hélas ! se dit-elle, je ne suis ni moins belle, ni moins embaumée que mes soeurs qui s'étalent là-bas devant le château, et pourtant, tandis qu'elles sont soignées, chéries, fêtées tous les jours, moi je suis délaissée."
Notre mécontente achevait ce muet monologue quand une jeune fille au doux sourire, qui, rêveuse, se promenait loin du bruit, vint à passer, une superbe rose à son corsage. Machinalement elle la prit et se mit à l'effeuiller lentement. Lorsque le dernier pétale satiné eut rejoint les autres qui jonchaient le sol, elle jeta négligemment la tige. C'en était fait de la pauvre rose ; elle avait cessé de vivre. Mais sa mort ne fut pas inutile, car la petite abandonnée, ayant assisté à cette lente agonie, se prit de nouveau à réfléchir.
"Allons, pensa-t-elle, j'étais folle de me plaindre, il vaut mieux vivre ignorée et à l'abri de tout souci, qu'au grand jour, au milieu des honneurs, et périr si misérablement."
La rose avait raison. N'envions jamais ceux qui paraissent le plus favorisés par dame Nature, ce sont souvent les plus malheureux.
BERTHA - Janvier 1892
mercredi 31 octobre
La retraite à 60 ans : 3 cas
En feuilletant des vieux journaux, je suis "tombée" sur cet article d'avril 1990 :
Le délicat problème de la retraite à 60 ans suscite beaucoup d'interrogations. C'est très simple ; il y a 3 cas à considérer :
1) - ceux qui sont en bonne santé, qui se sentent bien dans leur peau et qui peuvent continuer à travailler jusqu'à 60 ans, même s'ils totalisent (ou dépassent) les 150 trimestres de cotisations. Ils ont tout intérêt à le faire, car il vont engranger, de 60 à 65 ans, des points très utiles dans les régimes complémentaires ;
2) - ceux qui sont malades (ou au bout du rouleau) ; ils peuvent demander leur retraite s'ils totalisent 150 trimestres ; ils auront un minimum ;
3) - ceux qui sont perdant, ce sont les pré-retraités qui sont contraints de prendre leur retraite dès qu'ils totalisent 150 trimestres. Ils n'ont pas le choix ; auront-ils alors dès avril 1990 des retraites complémentaires. Taux pleins ? Car si le gouvernement se refuse à verser sa part, il semble que les caisses auront la possibilité de maintenir les taux actuels en vigueur.
Rien n'est changé au fond, depuis qu'un moraliste français du XVIIIe siècle écrivait : "les hommes écoutent ceux qui les éclairent, mais suivent ceux qui les éblouissent".
Fin 2007, qu'en est-il ? Est-ce qu'il y a eu de "vrais" changement ? Ma réponse est non !! Et vous !! Finalement c'est le changement dans la continuité !!!

























