barbuUn journal italien, préoccupé des difficultés financières contre lesquelles lutte son gouvernement, propose un impôt, qui en dépit de son originalité, a déjà des précédents. Il s'agit de l'impôt sur la barbe qui a fonctionné pendant longtemps et sous diverses formes en Russie.
Pierre le Grand, connaissant l'attachement que ses sujets on eu de tout temps pour les accessoires velus du visage et voulant établir un système de contribution à large base, introduisit l'impôt sur la barbe dans son empire.
"La barbe est un ornement superflu, inutile," disait-il, et, partant de ce principe, il la frappa d'une taxe comme objet de luxe. La taxe fut proportionnelle et progressive, non en raison de la longueur de la barbe, mais en raison de la position sociale de ceux qui la portaient.
Chacun, en payant l'imôt, recevait une petite médaille qu'il devait porter sur lui, car les préposés à la surveillance de cette taxe spéciale étaient inexorables : toujours munis de ciseaux, ils parcouraient les rues et les chemins et coupaient impitoyablement les barbes de tous les passants qui ne pouvaient pas montrer leur médaille.
Catherine Ier confirma cet impôt. En 1728, Pierre II permit aux paysans de porter la barbe ; mais il maintint l'impôt pour les autres classes, sous peine de travaux forcés en cas d'infraction.
La tsarine Anne rendit encore la vie plus dure aux hommes barbus : non seulement ils devaient payer la contribution spéciale pesant sur eux, mais ils étaient obligés de payer le double pour tous les autres impôts dont ils étaient frappés.
Ce ne fut que sous le règne de Catherine II que cet impôt fut aboli.