Le peintre Alphonse de Neuville attendit assez longtemps la fortune. Vers 1865, il était âgé d'une trentaineAlphonse-Marie-Adolphe_de_Neuville d'années, et le succès ne le favorisait guère.
Ayant un besoin urgent d'argent, il vendit à un de ses amis, pour deux cent cinquante francs, une toile dont le cadre valait, à lui seul, plus de trois cents francs. Mais, pour sauver au moins l'honneur, il fut convenu que l'ami, qui devrait offrir le tableau au Cercle Impérial, déclarerait l'avoir payé six mille francs.
Peu de temps après, on recommandait de Neuville à un personnage influent de la cour des Tuileries, pour qu'il lui fît acheter quelque chose par l'Etat.
"Allons donc, répondit celui-ci, M. de Neuville n'a pas besoin de nous !... Un gaillard qui vend, actuellement, n'importe laquelle de ses toiles six mille francs !...
Et on n'acheta rien à Alphonse de Neuville.
Voilà ce que c'est que de mentir.