ao_t_002La Grande-Foye, tel est le nom prédestiné d'une petite commune des Deux-Sèvres. Il règne, dans ce village, dit le maire M. Alloneau, un esprit de solidarité véritablement exemplaire et l'impulsion initiale une fois donnée, nous venons d'assister à une véritable mobilisation des ressources et des énergies pour le bien de la communauté.
Les chemins du pays étaient, jusqu'à ces derniers temps, en fâcheux état. Déjà, l'an passé, 700 mètres de chemins d'exploitation, ces voies modestes qui ne sont pas à la charge de la commune et qu'un individu ne peut, à lui seul, remettre en état, avaient été empierrés dans un grand effort collectif.
Cette année, La Grande-Foye vient de faire mieux encore. Une souscription organisée par un cultivateur, M. David, a produit 60.000 francs et 150 journées de travail bénévole. Chacun a donné ce qu'il a pu. L'égoïsme, ici, n'a pas cours. Le résultat : en 15 jours, 1.200 mètres de chemin ont été empierrés, 600 mètres cubes de matériaux ont été transportés et cassés sur place.
Devant ce mouvement de solidarité, la commune a apporté son aide financière, les Ponts et Chaussées leur soutien technique.
Dès la fin des travaux, les volontaires de la Grande-Foye ont voulu célébrer la réussite de leur entreprise. Il l'on fait, l'autre matin, en organisant, en plein vent et sous la neige, une petite fête dont on se souviendra au village. Un grand feu de fagots avait été allumé. Les villageois circulaient avec de grands paniers garnis de beignets odorants.
La Grande-Foye, ou le triomphe de la foi au village.

Article du 7 février 1958