Le chef de la police de New-York vient de faire poser dans toutes les écuries de la métropole américainecheval1 l'affiche suivante :

Prière du cheval.

"Je te soumets, maître, ma prière. Nourris-moi et calme ma soif. Après le travail et la peine de la journée, donne-moi asile dans une écurie propre. Parle-moi, car la voix est plus efficace que les rênes et le fouet ; caresse-moi et apprends-moi à travailler avec bonne volonté. Ne me frappe pas dans les montées et ne tire pas sur les rênes dans les descentes. Si je ne te comprends pas tout de suite, ne te hâte pas de saisir le fouet, mais vérifie plutôt les rênes pour voir si elles ne sont pas emmêlées, regarde si le fer ne blesse pas mon pied. Si je parais dédaigner le fourrage, examine mes dents. Ne coupe les crins de ma queue, c'est ma seule défense contre les mouches qui m'agacent et me tourmentent. Enfin, mon cher maître, lorsque l'âge m'aura rendu faible ou invalide, ne me condamne pas à la mort par la faim : juge-moi et tue-moi toi-même pour que je ne souffre pas inutilement."

Et cette touchante prière donne, paraît-il, les meilleurs résultats, même parmi les cochers les moins sensibles. N'est-ce pas qu'elle serait utile à propager ?

Article d'Octobre 1911.