On n'a jamais que l'âge qu'on porte, dit un proverbe populaire. Mais comment s'apercevoir de l'âge que l'on porte en réalité ? On ne se voit pas vieillir, parce qu'on se voit tous les jours et que le changement est presque insensible, aussi insensible que la pousse des ongles et des cheveux qui est pourtant un phénomène positif.
Le demander aux autres ? On ne les croit guère sur ce chapitre. Cependant voici, d'après un journal de médecine, le moyen d'être infailliblement renseigné, par des symptômes indéniables, sur les premières approches de la vieillesse.
arthritis
1) - La maladresse des mouvements, on devient inhabile à faire, sans rien abîmer ou casser, des travaux délicats que l'on faisait auparavant en se jouant, du moins on ne les réussit plus.
2) - Moindre sécurité des jambes, on n'a plus la hardiesse dans la marche qui permettra par exemple de traverser sans appréhension une rue encombrée par les voitures, on trébuchera plus facilement sur un trottoir en pente. Ce trébuchement provient de la parésie ou tension anormale d'un certain groupe de muscles.
3) - Le balbutiement, pour ne pas dire le bafouillement ; les mots viennent moins vite à l'esprit paresseux et l'on bredouille ou l'on répète pour leur laisser le temps de venir.
C'est un des phénomènes les plus mortifiants, mais en même temps les plus infaillibles de la sénilité.
S'il fallait ajouter à ces trois catégories de symptômes physiques un quatrième symptôme, psychique celui-ci, on pourrait faire remarquer que la faculté du souvenir s'aiguise en raison directe de l'éloignement des faits, c'est-à-dire que le vieillard possédera une vision de plus en plus nette de ses souvenirs d'enfance, tandis que s'effaceront ceux pourtant plus rapprochés de sa jeunesse et surtout de son âge mûre.
Hélas ! ne vieillissons pas....

Article de 1901