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dimanche 16 novembre

Le toast

eugenieLe toast, sans lequel nul bon dîner ne se termine, est une coutume qui remonte à la plus haute antiquité. Les Égyptiens, les Assyriens, les Hébreux et les Perses se plaisaient à l'observer. Chez les Grecs et chez les Romains, c'était une cérémonie consacrée par la religion, par l'amitié, par la reconnaissance, par l'estime, par l'admiration, etc., en l'honneur des dieux, des personnes chéries, des magistrats, des hommes célèbres et des évènements glorieux. A Rome, cette cérémonie commençait ordinairement par l'invocation de Jupiter Sospitator et de la déesse Hygie, pour laquelle on vidait des coupes appelées pocula bonae salutis (coupes de la bonne santé. Ensuite venait le tour des convives. Celui qui voulait en saluer un autre lui disait avant de boire : Propino tibi ou bene te (je bois à toi le premier) ; on entendait par là que la personne à l'intention de laquelle on vidait sa coupe usât de réciprocité ce que le poète français Parny a exprimé dans ces vers :

Le vin ne tourne à ma santé
Qu'autant que je bois moi-même.

Les anciens Danois employaient dans leurs festins solennels diverses coupes, dont chacune était affectée à un usage spécial et était nommée conformément à cet usage.
Ils avaient la coupe des dieux, qu'ils prenaient pour demander des grâces au ciel ou pour souhaiter un règne heureux à un prince ; la coupe consacrée à Brag, dieu de l'éloquence et de la poésie, ou le Brag-ArbottBrag-Arbott, qu'ils réservaient toujours pour la bonne bouche ; et la coupe de mémoire, dont ils ne se servaient qu'aux funérailles des rois. L'héritier de la couronne restait assis sur un banc, en face du trône, jusqu'à ce qu'on lui eût présenté cette coupe de mémoire, et, après l'avoir bue, il montait sur le trône. C'était une espèce de sacre par la boisson.paysdoc
Au moyen-âge, en France, on alla jusqu'à boire en l'honneur des bienheureux du paradis ; on appelait boire aux anges cette coutume, qui devint une telle source d'ivrognerie que divers conciles la condamnèrent, et que Charlemagne la prohiba par un article des Capitulaires.
En ce temps-là, on fêtait de la même manière les anniversaires des personnes qui avaient laissé quelque legs, en mettant à sec de grandes bouteilles appelées pocula charitatis (coupes de charité), dans une assemblée gastronomique dénommée charitas vini (charité du vin), ou consolatio vini (consolation du vin). C'est dans cette assemblée qu'on portait la santé du testateur décédé en s'écriant : Vive le mort !
Les Flamands instituèrent un grand nombre de ces charités drolatiques.
C'était une croyance superstitieuse que les morts étaient réjouis par ces libations.
Il serait un peu fastidieux de suivre l'histoire du toast jusque dans les temps modernes : on sait assez quel rôle important cette vieille coutume joue encore aujourd'hui.
Ce qui ressort le plus nettement de cette rapide revue, c'est qu'à toute époque, les hommes ont saisi avec empressement toute bonne occasion de boire.

Posté par choupanenette à 20:03 - Cuisine, Maison, Entretien - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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