Num_riser0001Il n'y avait pas de cheminée dans la classe ; elle n'était donc pas chauffée. Le maître prétendait qu'on n'y souffrait jamais du froid, parce qu'elle était extrêmement petite et qu'on y était fort entassé. Il était pourtant obligé quelquefois de permettre une petite sauterie (petite danse où les enfants sautent pour se réchauffer) d'un quart d'heure, pour nous réchauffer. Comme il fallait descendre deux marches pour entrer dans l'école et qu'on y voyait aucune trace de plancher ni même de pavage, la petite sauterie devenait quelquefois un peu périlleuse à la suite des grandes pluies qui ne sont pas rares dans ce pays.
Quant au mobilier, il était des plus sommaires. Six bancs en sapin, une seule table sur laquelle huit élèves pouvaient écrire à la fois, et, pour le maître, une chaise en paille. Pas une carte ni un tableau noir sur les murs. D'ailleurs, qu'en aurait-on fait ? C'est à peine, avec cette étroite et unique fenêtre, si l'on pouvait lire dans le livre qu'on tenait à la main.Num_riser0002
Quoique je fusse habitué à ces intérieurs bretons, toujours plongés dans une demi-obscurité, je ne m'étais pas attendu à un si complet dénuement. Une seule chose me réconciliait avec le spectacle que j'avais sous les yeux, c'était l'air de contentement du maître et la bonne humeur des élèves.