A 18 ans, Victor Hugo tombe amoureux fou d'Adèle FOUCHER, fille d'amis de sa mère. Ce projet d'union ne plaît ni à Mme Hugo, opposée à ce parti médiocre, ni aux Foucher qui hésitent à marier leur fille à un poète sans le sou. Pour mieux séparer les jeunes gens, les Foucher emmènent Adèle passer l'été loin de Paris... à Dreux.
Le voyage en diligence coûte 25 francs et Victor -dont la mère vient de mourir- ne possède pas une telle fortune ! Il fera le trajet à pied et, en trois jours, poussiéreux et barbu, parviendra à retrouver sa bien-aimée. Touchés par cette obstination les Foucher finissent par consentir au mariage qui sera célébré le 12 octobre 1822 en l'Eglise de Saint-Sulpice. Victor avait désiré arriver vierge au mariage, mais sa sensualité, longtemps refoulée, allait se déchaîner. La nuit de noces sera agitée et Adèle subira à neuf reprises les assauts de son trop fougueux mari. Victor lui donnera cinq enfants sans parvenir jamais à éveiller sa sensualité. Dix ans suffiront à transformer la passion des époux en une union de plus en plus mal supportée. Adèle tombe alors dans les bras du timide et laid Sainte-Beuve dont la douceur a su l'émouvoir. Quant à Victor, il fera peu après la rencontre de celle qui allait lui vouer toute son existence : Juliette DROUET.
C'est une jeune comédienne au passé tumultueux qu'il a rencontrée aux répétitions de sa Lucrèce Borgia. Entre eux, ce sera la révélation, l'éblouissement. Voici ce que lui écrit Victor : Le 26 février 1802, je suis né à la vie. Le 17 février 1833, je suis né au bonheur dans tes bras. La première date, ce n'est que la vie, la seconde, c'est l'amour. Aimer, c'est plus que vivre ! Folle d'amour, éperdue d'admiration, Juliette acceptera de vivre dans l'ombre du grand homme qu'elle suivra partout, même dans son exil, condamnée à attendre dans la solitude et la pauvreté les quelques miettes de sa présence que lui accorde son amant.
Adèle HUGO s'éloignera de Sainte-Beuve et décidera de consacrer désormais sa vie à ses enfants et à son génie de mari.
Voici donc le poète flanqué de deux admiratrices jalouses et un peu encombrantes. Le dévouement de l'une et la dévotion de l'autre accompagnent son existence mais, il trouve toujours le moyen de donner libre cours à sa fringale de chair fraîche. Les conquêtes se succèdent qu'il note scrupuleusement sur ses carnets dans un langage codé ou dans un espagnol de cuisine.
En 1845, alors qu'il est au faîte des honneurs, un mari jaloux fait surprendre, par le commissaire de police, le Pair de France Hugo en flagrant délit d'adultère avec sa femme Léonie BIARD née d'AUNEE. La coupable est jetée en prison. Heureusement, le cocu est peintre, un mauvais peintre. Contre la promesse d'une commande officielle d'un de ses tableaux, il retirera sa plainte et le scandale sera évité.
Hugo à 70 ans lorsque trois petites comédiennes viennent chez lui afin de solliciter un rôle dans l'une de ses pièces. Il les reçoit... à tour de rôle. Après quoi, il note sobrement dans son carnet : todas la tres (toutes les trois). Il obtiendra son dernier succès féminin à l'âge de 83 ans, le 5 avril 1885, un mois et demi avant sa mort.