Nouveauté de l'exposition - Juillet 1900

Le télégraphone inventé par un électricien danois, M. Waldemar Poulsen, est un appareil qui enregistre la parole ou les sons quelconques, sur un cylindre, comme dans le phonographe. Mais ce qu'il y a de tout à fait surprenant, c'est que l'enregistrement, au lieu de se faire mécaniquement, et le laisser une trace visible sur un cylindre de cire, se fait électriquement par la production d'une série de taches magnétiques sur un cylindre ou, plus exactement, sur un fil d'acier enroulé en spirale ou sur un ruban sans fin.
Autre phénomène curieux : la persistance ou rémanence de l'impression électro-magnétique reçue par le cylindre aurait, d'après l'inventeur, une durée indéfinie ; et, de fait, nous avons vu des cylindres  impressionnés depuis six mois et reproduisant les sons reçus avec la même intesité et la même netteté qu'au premier jour. Enfin, alors que, dans le phonographe, on efface l'impression mécanique d'un cylindre de cire, en le passant sur le tour, dans le télégraphone on rend instantanément sa neutralité première au cylindre d'acier impressionné électriquement, en passant à sa surface une "éponge magnétique".
Cette éponge n'est autre chose qu'un courant contin qui efface les "taches" composant l'écriture magnétique, et le cylindre est ainsi prêt à recevoir une nouvelle inscription du son.
Les intéressants phénomènes qui se produisent dans le télégraphone, notamment la persistance de l'impression magnéto-électrique, ne sont pas complètement expliqués par les lois scientifiques connues, ce côté mystérieux augmente encore l'intérêt qui s'attache à ce petit instrument qu'on peut voir à l'Exposition.

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