L'opale est une gemme d'une beauté magique. Ses profonds reflets aux couleurs changeantes fascinent les hommes depuis des siècles. Considérée parfois comme la plus précieuse des pierres, elle est aussi la plus fragile. Très sensible à la lumière, à l'air et à la température, elle a des réactions imprévisibles, qui ont ajouté à ses attraits.
Malgré ses propriétés uniques, ou peut-être à cause d'elles, l'opale, plus que toute autre pierre, a entretenu les superstitions. Au fils des siècles, les gens l'ont adorée ou haïe, en faisant tour à tour un fétiche ou un objet maléfique.
Il en existe de nombreuses variétés et couleurs. Les plus connues sont l'opale blanche, ou claire, l'opale noire, ou très sombre, l'opale arlequin, ou multicolore, et la flamboyante opale de feu.
Les Anciens, faisaient de l'opale un porte-bonheur, aux pouvoirs guérisseurs. Déjà, au VIe siècle avant notre ère, les Grecs croient qu'elle accorde des dons de visionnaire à ceux qui la portent. Pour les Romains, elle représente majesté et pouvoir. Selon la légende, au 1er siècle avant Jésus-Christ, un sénateur romain, Nonius, choisit l'exil plutôt que de remettre à Marc Antoine une bague portant une opale. Et jusqu'au Moyen Âge, cette pierre est censée protéger des maux des yeux et du coeur et de maladies mortelles, comme le choléra.
La tendance s'inverse au XIe siècle, lorsque Robert le Diable, le père de Guillaume le Conquérant, déclare que l'opale lui donne des pouvoirs magiques... diaboliques. Il se dit aussi fils de Satan, qui aurait acheté les faveurs de sa mère avec une opale. Cette rumeur se répand à un moment où des milliers de personnes meurent de la peste. Les opales sont alors les pierres favorites des joailliers italiens. A Venise, où l'épidémie frappe cruellement, on observe qu'elles deviennent plus brillantes sur les personnes atteintes de la maladie, mais s'obscurcissent lorsque celles-ci meurent.
Peu à peu, les opales sont associées à la mort. A cette époque, bien sûr, on ignore que ces modifications sont dues aux changements de température du corps, qui affectent inévitablement leur éclat.
Elles ont encore mauvaise réputation au XVIIe siècle, à la cour de Louis XIV, où les carosses royaux portent le même nom qu'elles. Le conducteur de l'"opale" est un ivrogne, et le carrosse, affirme-t-on, porte malheur.